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Guide patient – Chirurgie de l’épaule

Guide patient — Chirurgie de l’épaule

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Madame, Monsieur,

Vous allez être hospitalisé pour la pose d’une prothèse de hanche, de genou,
ou pour une intervention chirurgicale de l’épaule. Vous trouverez dans ce
guide les informations qui vous aideront à mieux comprendre votre
opération, ainsi que le programme de récupération et de rééducation que
vous devrez suivre.

Il s’agit de la septième édition, qui regroupe désormais les chapitres
consacrés à la hanche, au genou et à l’épaule, et couvre ainsi la quasi-totalité
des interventions que je pratique régulièrement. La présentation a été
simplifiée afin que vous ne lisiez que les informations qui vous concernent.
Cette édition de 2026 intègre en supplément un renforcement des exercices
d’auto-rééducation du genou et de l’épaule.

L’objectif de ce guide est de vous accompagner pas à pas avant et après votre
intervention, afin que votre récupération se déroule dans les meilleures
conditions.

Ces informations ne se substituent pas aux entretiens que vous aurez avec
moi, avec le médecin anesthésiste et avec toute l’équipe soignante, mais elles
pourront vous aider lors de votre séjour et de votre convalescence.

Conservez ce livret durant toute votre convalescence

Ce livret répond à la quasi-totalité des questions que vous pourrez vous
poser. Ces informations sont d’ordre général, et l’intervention dont vous
allez bénéficier peut nécessiter des recommandations plus adaptées à votre
cas personnel. N’hésitez pas à m’en parler lors de notre deuxième
rendez-vous préopératoire.

À lire et à comprendre avant l’opération, et à conserver à portée de
main durant les trois mois post-opératoires

Je vous souhaite bonne lecture,

Dr Jean-Louis MALLET

Bouger sans douleur

Vous allez récupérer plus vite que vous ne l’imaginez

Ce que vous croyez peut encore évoluer

On vous a souvent expliqué qu’une chirurgie articulaire impose
une longue hospitalisation, un retour tardif à l’autonomie et un
passage presque systématique en centre de rééducation.

Ces idées sont profondément ancrées dans l’imaginaire collectif
et paraissent donc évidentes. Pourtant, la réalité actuelle de la
chirurgie moderne est bien différente.

Les progrès des techniques chirurgicales, de l’anesthésie et de
l’organisation des soins permettent aujourd’hui une récupération
beaucoup plus rapide qu’auparavant.

Ce que vous allez découvrir dans ce guide risque donc de vous
surprendre — et surtout de vous rassurer :

vous pouvez récupérer beaucoup plus vite que ce que vous
avez toujours cru possible.

Ce que l’on pensait hier

Pendant de nombreuses années, les patients étaient convaincus — et les
soignants également — que :

  • rester plusieurs jours à l’hôpital après une opération était

    indispensable;

  • rentrer chez soi en vivant seul dès le lendemain était impossible;
  • la rééducation en centre ou chez un kinésithérapeute était
    incontournable;
  • la fatigue et la douleur duraient nécessairement plusieurs semaines.

Ces idées n’étaient ni absurdes ni malveillantes. Elles correspondaient
simplement à l’état des connaissances et des pratiques d’hier.

Ce que nous faisons aujourd’hui

Grâce à l’évolution des techniques chirurgicales, des implants, de
l’anesthésie et de l’organisation des soins, la récupération après chirurgie
articulaire est aujourd’hui beaucoup plus rapide.

Dans la grande majorité des cas :

  • vous marchez le jour même de l’intervention;
  • vous retrouvez une autonomie importante dès le lendemain;
  • vous pouvez regagner votre domicile rapidement, même si vous vivez

    seul.

C’est précisément ce que vous allez découvrir dans les pages qui
suivent.

Chiffres clés de notre pratique

  • environ 200 prothèses de hanche et de genou réalisées
    chaque année;
  • plus de 2000 patients opérés selon un protocole de
    récupération rapide depuis 2010;
  • une nuit d’hospitalisation dans la grande majorité des cas
    depuis 2016;
  • un taux de réhospitalisation secondaire très faible dans cette
    organisation optimisée.

Ces résultats constituent le socle de confiance sur lequel repose le
protocole que je vous propose.

Voici comment tout a commencé. . .

Dès mon installation à l’ancienne Clinique du Parc d’Orange en 2010, j’ai
souhaité proposer à mes patients un niveau d’exigence comparable à celui
des grands centres de référence.

Pour cela, je ne me suis pas limité aux pratiques françaises. Je me suis
intéressé aux protocoles internationaux les plus avancés dans le domaine de

la récupération rapide après chirurgie.

À cette époque, la clinique a été rachetée par un groupe suédois (CAPIO), ce
qui m’a permis de découvrir les protocoles utilisés en Scandinavie,
particulièrement en avance dans ce domaine.

Ces approches étaient regroupées sous les appellations Fast Track
Surgery
1 et
RRAC2 .

Le concept de RRAC / Fast Track

L’idée centrale du RRAC

Les concepts de RRAC et de Fast Track décrivent une même
philosophie :

organiser l’ensemble du parcours de soins avant, pendant et
après l’intervention afin de :

  • optimiser les techniques chirurgicales;
  • réduire la durée d’hospitalisation;
  • améliorer le confort du patient;
  • et contrôler la douleur de manière efficace.

Aujourd’hui, la grande majorité de mes patients opérés de la hanche, du
genou ou de l’épaule regagnent leur domicile dès le lendemain de
l’intervention, en étant capables de se déplacer seuls, y compris dans les
escaliers.

Trop beau pour être vrai? C’est précisément ce que ce livre va vous montrer,
étape par étape.

Pourquoi l’auto-rééducation?

L’auto-rééducation représente pour moi l’étape logique de cette évolution
vers une récupération rapide.

Cette approche s’inspire en partie des principes de l’entraînement sportif.
Dans une certaine mesure, je considère mes patients opérés comme des

athlètes en phase de reconstruction, qui participent activement à leur
récupération.

Trois principes guident cette démarche :

Fréquence :

réaliser les exercices plusieurs fois par jour.

Intensité :

accepter une zone d’inconfort modéré et contrôlé.

Volume :

répéter les exercices quotidiennement afin d’accumuler un volume de
travail suffisant.

L’idée forte

Durant le premier mois après l’intervention, l’essentiel de la
récupération repose sur votre travail personnel quotidien.

L’objectif n’est donc pas de multiplier les séances de
kinésithérapie, mais de vous permettre de réaliser vous-même,
plusieurs fois par jour, les exercices qui vont progressivement
restaurer votre mobilité et votre force musculaire.

Une auto-rééducation bien guidée permet en effet un travail plus
fréquent et plus régulier que des séances espacées.

Au-delà de cette première phase, des séances de kinésithérapie peuvent bien
sûr être proposées si nécessaire, en fonction de votre évolution et de votre
situation personnelle.

Préparer votre intervention

Les préparatifs

Toutes les explications suivantes sont valables pour la hanche et le
genou.

Consultations chirurgicales

Votre intervention sera réalisée au cours d’une courte hospitalisation d’une
nuit ou dans le cadre d’une chirurgie ambulatoire (admission à la clinique le
matin de l’intervention et sortie le soir même); quel que soit le mode
d’hospitalisation, vous bénéficierez de la même technicité chirurgicale et des
mêmes précautions péri-opératoires, afin de vous permettre de récupérer au
plus vite.

Après le séjour en clinique, vous retournerez très rapidement à votre
domicile et vous ferez vous-même votre auto-rééducation.

Vous me rencontrerez au moins deux fois avant l’intervention.

La première fois correspond au jour où je vous ai remis ce livre, ainsi que
tous les documents à fournir pour le deuxième rendez-vous.

Lors du deuxième rendez-vous, je répondrai à vos questions, éclaircirai les
points de ce livret que vous n’auriez pas compris et vérifierai tous vos
examens complémentaires.

Dans tous les cas, je vous remettrai à l’avance toutes vos ordonnances de
sortie afin de ne pas avoir à passer à la pharmacie en sortie d’hospitalisation
et que tout soit prêt chez vous pour votre retour.

Consultation anesthésiste

Durant le mois qui précède l’intervention, vous rencontrerez également le
médecin anesthésiste, qui vous expliquera les différentes anesthésies
en vous conseillant la plus recommandée pour vous : n’ayez pas
de crainte vis-à-vis d’une technique (anesthésie générale ou «
péridurale1
») plutôt que d’une autre et préférez suivre leurs conseils; de même, si le
jour de l’intervention c’est un autre médecin anesthésiste qui vous
prend en charge que celui ou celle que vous aurez vu en consultation,
l’indication peut changer : n’y portez aucune attention, peu importe en
réalité; aucun type d’anesthésie n’a fait la preuve de sa supériorité en
termes de confort du patient, d’efficacité ou de risque, et toutes sont
valables.

La Check-list préopératoire

La liste des choses à faire avant l’opération est regroupée dans un tableau,
Figure 1.1, page 21.

Si besoin, prendre le rendez-vous cardiologue
Prendre le rendez-vous anesthésiste
Apporter votre traitement personnel
Faire la pré-admission à l’accueil
Si besoin, radiographies complémentaires
Prévenir l’infirmière à domicile
Lecture des documents remis
Rapporter le consentement éclairé signé
Rapporter le devis d’honoraires signé
Rapporter toutes vos radios
FIGURE 1.1 Check-list avant l’opération

Le bilan préopératoire

Le bilan classique préopératoire comportera :

  • si nécessaire, suivant votre âge et vos antécédents médicaux, une
    consultation cardiologique;
  • une prise de sang;
  • pour la hanche : une radiographie numérique, afin de planifier

    l’implantation de la prothèse (voir chapitre ??, page ??);

  • une consultation pré-anesthésique, qui a lieu le plus souvent à la suite
    de notre deuxième rendez-vous.

Hygiène préopératoire

La lutte contre les infections post-opératoires (expliquées au chapitre 16,
page 174) est ma priorité absolue. Votre coopération est indispensable.

Arrêt total du tabac

L’intoxication tabagique chronique augmente
considérablement le risque de développement
d’une infection. Vous devez arrêter la cigarette
six semaines avant l’opération. Faites-vous
aider par tous les moyens possibles. La pose de
votre prothèse peut être l’opportunité d’arrêter
définitivement.

PIC

TABAC INFO SERVICE

www.tabac-info-service.fr

téléphone : 39 89

Le recours à la cigarette électronique est une option autorisée et
efficace.

Hygiène corporelle : le staphylocoque est sur VOTRE peau!

Les douches antiseptiques sont expliquées au chapitre 2.1.2, page 32. Il est
désormais clairement établi que l’importance de ces douches préopératoires
est de premier ordre pour limiter le risque d’infection nosocomiale, et que la
dernière douche doit être prise moins de trois heures avant l’opération
chirurgicale.

Pour votre opération, coupez vos ongles des pieds et des mains au plus court;
déposez les vernis, faux ongles et french manucure.

Vêtements adaptés

Pour votre convalescence, prévoyez des vêtements confortables, de grande
taille pour contenir le pansement de votre hanche ou de votre genou. Prenez
des chaussures plates, confortables et fermées, le chaussage idéal étant les
sabots en caoutchouc de type « CROCS », qui s’enfilent comme des
chaussons sans avoir à se pencher en avant.

Pour les hommes : achetez un pantalon confortable pour votre hospitalisation
et votre convalescence; je vous recommande un pantalon de sport, plutôt
trop grand d’une taille car le pansement du genou prendra du volume
(certains se dégrafent sur tout le côté, c’est très pratique pour les
pansements).

Pour les femmes : la jupe est idéale.

Bas à varices : pour la hanche ou le genou

Prenez des bas à varices (surtout pas de chaussettes), de préférence de

couleur noire, ils sont moins salissants; le modèle à pied ouvert est
plus confortable car il n’écrase pas le bout des orteils. Si vous avez
déjà des bas, achetez-en des neufs pour l’opération. Si vous hésitez
entre deux tailles, prenez la plus grande. Vous devrez les ramener à la
clinique pour votre opération, et je vous les mettrai moi-même après
l’opération.

Le meilleur chaussage

Pour le chaussage des opérés de
la hanche ou du genou, je vous
demande d’acheter une paire de
sabots en caoutchouc de type
« CROCS » : ils sont hygiéniques
(lavables
en machine), confortables, mais
surtout très pratiques à enfiler
sans avoir à vous pencher en
avant : ce petit détail fera toute
la différence, suivez mon conseil,
on en trouve à moins de dix
euros dans n’importe quel bazar
ou magasin de chaussures.

PIC

Cryothérapie

La cryothérapie, c’est la maîtrise des douleurs et de l’inflammation
post-opératoires par le froid; il existe des appareils complexes et
coûteux, utilisés dans les cliniques, centres de rééducation ou cabinets de
kinésithérapie; cependant, ceux-ci sont inaccessibles à votre domicile.

Les poches de froid à placer dans le congélateur sont insuffisantes car elles
possèdent une inertie thermique de courte durée; la meilleure option
consiste donc à acheter une vessie de glace en pharmacie, en insistant
pour que le bouchon soit vissable et qu’elle soit renforcée de tissu,
comme sur la Figure 1.2, page 27, et de la remplir aux 3/4 de liquide
de refroidissement pour voiture, ou d’alcool ménager : elle restera
liquide même à -18°C (congélateur) et durera plus longtemps que
n’importe quel produit du commerce. Elle sera votre atout pour l’antalgie
post-opératoire.

PIC

OUI : solide, tiendra le coup pour
toute votre convalescence

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NON : risque de se déchirer et de
fuir dans votre congélateur!

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Un exemple de glaçage du genou,
patient à son domicile dès le soir
même de son intervention

FIGURE 1.2 Achetez une vessie de qualité : bouchon vissable et
renforcée de tissu

La veille de l’opération

Ci-dessus : toute l’équipe chirurgicale se prépare pour la pose d’une prothèse
totale du genou.

Dépilation

Dépilez-vous la veille de l’intervention, pas le jour même. Il n’y a qu’un seul
et unique moyen de dépiler la zone opérée :

utilisez EXCLUSIVEMENT un rasoir électrique.
JAMAIS de rasoir à lame
JAMAIS de crème dépilatoire :

ceux-ci risquent de provoquer des coupures ou brûlures qui favoriseront le
développement du staphylocoque doré
.

Si vous n’avez pas de rasoir électrique, raccourcissez vos poils avec des
ciseaux, ce n’est pas grave s’il persiste quelques millimètres : le but n’est pas
de les faire disparaître complètement mais de les raccourcir au maximum
pour ne pas qu’ils collent dans le pansement. La présence de poils
n’augmente absolument pas le risque infectieux. Seule la présence de plaies
augmente ce risque.

Pour le genou, dépilez du milieu de la cuisse jusqu’au milieu de la
jambe;

Pour la hanche, dépilez du nombril à mi-cuisse, en incluant le pubis;

Pour l’épaule, dépilez le quart d’épaule et le creux axillaire.

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PIC

FIGURE 2.1 Zones à dépiler EXCLUSIVEMENT à la tondeuse
électrique avant l’opération

Hygiène bucco-dentaire

Brossez-vous les dents la veille et le jour de votre intervention. Si vous
portez un appareil dentaire, laissez-le dans votre chambre, ne l’emmenez pas
au bloc opératoire.

La douche désinfectante : le staphylocoque est sur VOTRE peau!

Les douches désinfectantes préopératoires ne sont pas une option à prendre à
la légère : elles contribuent à l’élimination massive des germes présents
naturellement sur votre peau, dont le staphylocoque doré qui, contrairement
aux croyances populaires, n’est pas « dans la clinique » mais bien sur votre
peau!

La douche préopératoire est donc indispensable; elle doit être réalisée la
veille et le jour de l’intervention avec un savon antiseptique (Bétadine® ou
Hibiscrub®) :

  • si vous êtes hospitalisé la veille : elles seront faites à la clinique;
  • si vous êtes hospitalisé le jour même : la préparation est à faire chez
    vous, au plus près de votre admission.

La procédure à suivre scrupuleusement est indiquée page 38. Après la
douche, le jour de votre entrée en clinique, portez des habits propres

récemment lavés, n’ayant pas été portés la veille. S’il se passe plus de trois
heures entre votre dernière douche et le passage au bloc, insistez
auprès du personnel de la clinique pour prendre encore une douche à la
clinique.

Préparez votre valise

Préparez dès la veille votre valise avec vos effets personnels, mais surtout les
documents et accessoires à apporter pour votre intervention :

  • toutes vos radiographies, IRM, scanner, compte rendu de cardiologie;
  • prises de sang, l’ordonnance de votre traitement personnel;
  • béquilles, bas à varices, bandes compressives (pour le genou
    uniquement), écharpe d’épaule si elle a été prescrite;
  • sabots en caoutchouc type « CROCS » propres et lavés.

Ne rapportez pas la vessie de glace à la clinique, mais laissez-la au
congélateur pour votre retour. Ne rapportez pas les traitements antalgiques
que je vous ai prescrits à l’avance. Laissez tous vos bijoux, montres et objets
de valeur à votre domicile : les chambres des cliniques et hôpitaux ne sont
pas gardiennées.

PIC

PIC

enlever le vernis, couper au
plus court les ongles des pieds
et des mains
PIC
se mouiller le corps et les
cheveux


PIC

appliquer le savon en
commençant par les cheveux

PIC

faire mousser jusqu’à blanchir
la mousse
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laver le visage, le cou, derrière
les oreilles

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insister sur les aisselles, le
nombril, le pubis, les plis de
l’aine, les mains, les pieds
PIC
savonner en dernier la région
génitale, puis la région anale


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rincer abondamment toujours
de haut en bas
PIC
se sécher avec une serviette
propre, mettre des habits
propres

La procédure est à faire au moins deux fois de suite durant la
même douche, à la Bétadine® ou Hibiscrub®. Il faut prendre
cette douche désinfectante la veille au soir et le matin de
l’intervention; puis porter uniquement des habits propres qui
viennent d’être lavés. La dernière douche doit être prise
moins de trois heures avant l’intervention.

Le matin de votre intervention

La Nouvelle Clinique d’Orange. Le bloc opératoire est situé derrière la
façade orange de l’extension créée en 2015.

Ne surtout pas oublier d’apporter

  • toutes vos radiographies, IRM, scanner;
  • le compte rendu de cardiologie;
  • les résultats des prises de sang, l’ordonnance de votre traitement
    personnel;
  • les béquilles, bas à varices, bandes compressives (pour le genou
    uniquement), l’écharpe si elle a été prescrite pour les opérés de
    l’épaule;
  • les sabots en caoutchouc type « CROCS » propres et lavés pour les
    opérés de la hanche et du genou.

Douche préopératoire

Prenez à nouveau une douche désinfectante suivant le protocole décrit page

38, y compris les cheveux. Portez des habits propres venant d’être
lavés.

Brossez-vous les dents.

Collation préopératoire

Il ne faut plus manger d’aliments solides
six heures avant l’heure de convocation.
Vous pouvez boire jusqu’à deux heures
avant votre convocation. Afin de vous
permettre de récupérer au plus vite de
votre opération, vous pouvez boire un
jus de pomme sucré (et strictement rien
d’autre), d’un volume d’une cannette de
33 cl maximum, deux heures avant votre
convocation. Pas de bulles, pas d’alcool,
pas d’aliments, pas de jus d’agrume. Jus
de pomme exclusivement. Pas plus d’une
canette.

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Admission

Vous serez hospitalisé, soit :

  • au service ambulatoire (pour certains opérés de l’épaule) :
    hospitalisation sur la journée; vous serez contacté par téléphone la
    veille de l’intervention pour vous préciser l’heure de convocation (à

    partir de 07h00);

  • au service d’hospitalisation avec une nuitée suivant l’opération, plus
    si vous le demandez.

À votre arrivée dans le service, le personnel infirmier vous redonnera toutes
les informations relatives à votre opération et à sa préparation.

Le jour de votre intervention :

  • vérification de votre hygiène corporelle par le personnel infirmier;
  • si nécessaire, douche désinfectante complémentaire;
  • des vérifications supplémentaires seront faites par l’équipe soignante
    avant votre départ pour le bloc opératoire : votre identité, votre
    intervention et le côté opéré, que vous marquerez vous-même par une
    croix dessinée sur votre hanche, votre genou ou votre épaule;
  • puis attendez tranquillement dans votre lit qu’on vienne vous chercher
    pour vous amener au bloc opératoire.

Départ pour le bloc

Environ 30 à 45 minutes avant le début de votre intervention, le brancardier
viendra vous chercher en chambre pour vous conduire au bloc opératoire :
emportez avec vous les radios, bas à varices et bandes compressives (pour le

genou).

Accueil au bloc opératoire

À l’arrivée au bloc opératoire, l’équipe médico-chirurgicale se présentera à
vous et contrôlera à nouveau votre identité, votre opération (type et côté à
opérer) et d’éventuelles allergies. Une perfusion sera mise en place au
bras.

Le médecin anesthésiste et son équipe vous prendront alors en charge pour
réaliser l’anesthésie qui vous a été proposée lors de la consultation
pré-anesthésique. Il arrive régulièrement que le type d’anesthésie
diffère de celui qui a été décidé en consultation, car c’est le plus
souvent un anesthésiste différent de celui que vous avez rencontré en
consultation qui aura la charge de votre anesthésie le jour de l’opération :
n’en soyez pas inquiet, ce n’est pas grave, et faites confiance à leur
professionnalisme.

Contrairement aux croyances populaires, aucun type d’anesthésie n’est
« mieux » que l’autre, et que vous ayez une rachi-anesthésie ou une
anesthésie générale, l’indication dépend de votre situation clinique; dans
tous les cas, vous ne ressentirez aucune douleur durant l’opération, et vous
n’entendrez rien!

Les maladies de l’épaule

Anatomie élémentaire

La compréhension des maladies de l’épaule (et donc de votre problème
actuel), ainsi que son traitement nécessite une connaissance minimale de son
anatomie : mais rassurez-vous, ces explications seront très simples,
limitées au strict minimum qui vous concerne, et vous pourrez vous y
référer à tout moment par la suite. Tous ces éléments anatomiques
sont représentés sur un schéma sur la Figure 4, Page 55. L’épaule
est composée principalement d’os, d’articulations, et de tendons.

1.
Articulation principale : scapulo-humérale, quand elle est usée
par l’arthrose, on pose une prothèse d’épaule (page 99);
2.
Articulation acromio-claviculaire, quand elle est arthrosique, on
la « rabotte » (page 114);
3.
Acromion : quand il est pointu et risque de blesser le tendon, on
le « rabotte » (page 72);
4.
Tendon du biceps : il est parfois instable dans l’épaule, et
douloureux, alors on va le couper (page 107);
5.
Tendon sus-épineux : quand il est rompu, on le raccroche sur
l’os (page 78).
FIGURE 4.1 anatomie de l’épaule droite de face

Les os

L’épaule est composée de trois os principaux :

  • L’humérus, c’est l’os du bras, dont la partie supérieure appelée « tête
    humérale » porte la surface articulaire principale de l’épaule, et les
    points d’insertion de tous les tendons de la coiffe des rotateurs;
  • L’omoplate (scapula en latin), dont deux parties sont importantes à
    connaître :

    • La glène partie articulaire principale de l’omoplate;
    • L’acromion : os sur le dessus de l’épaule, qui forme le relief de
      « l’épaulette »;
  • La clavicule, qui s’articule avec l’acromion.

Les articulations

L’épaule est composée de trois articulations principales :

  • Scapulo-humérale, entre la tête de l’humérus et la glène de
    l’omoplate : c’est l’articulation principale de l’épaule, qui permet
    d’accomplir 80% des mouvements;
  • Scapulo-thoracique, qui n’est pas à proprement parler une
    articulation, mais un espace de glissement entre l’omoplate et
    le thorax; permet d’accomplir 20% des mouvements globaux de
    l’épaule, ce qui explique qu’une épaule complètement grippée par
    l’arthrose peut encore un peu bouger;
  • Acromio-claviculaire, articulation très rigide, qui ne présente qu’une
    micro mobilité entre la clavicule et l’acromion, et n’entre pas en
    jeu dans les mouvements de l’épaule. On pourrait l’apparenter à un
    silent-bloc de moteur de voiture, une sorte de joint tampon.

Les tendons : la coiffe des rotateurs

L’épaule est composée de quatre
tendons1
principaux, qui sont la terminaison des muscles suivants :

  • Sus-épineux : localisé sur le dessus de l’épaule, et participe à
    l’élévation latérale de l’épaule;
  • Sous-scapulaire : sur le devant de l’épaule, qui est rotateur interne
    (plaquer la main sur le ventre, passer la main derrière le dos);
  • Sous-épineux : sur l’arrière de l’épaule, qui est rotateur externe
    (ouvrir les bras, aller chercher la ceinture de sécurité);
  • Long biceps : l’un des deux tendons du muscle biceps passe dans
    l’articulation de l’épaule, et s’accroche sur le bord supérieur de la
    glène; Il n’a pas de rôle important pour la fonction de l’épaule.

Enfin il faut connaître le deltoïde : c’est le muscle principal qui forme le
galbe de l’épaule, et qui mécanise en force celle-ci; cependant, il a besoin
des petits muscles de la coiffe des rotateurs pour pouvoir fonctionner
correctement car sans eux, il « déboite » l’articulation scapulo-humérale, qui
ne peut plus fonctionner alors qu’elle n’est plus centrée par l’action des ces
petits muscles de la coiffe des rotateurs.

Axes de mobilité

Pour bien comprendre la rééducation de l’épaule, il faut connaître
les axes de mobilité de l’épaule, représentés sur la Figure 4.2, Page
63 :

L’élévation antérieure

aussi appelée flexion;

L’élévation latérale;
Les rotations interne et externe.

EA

Élévation Antérieure, ou
Flexion

R

Rétro-pulsion ou Extension

EL

Élévation Latérale, ou
Abduction

RE

Rotation Externe

RI

Rotation Interne

FIGURE 4.2 Les axes de mobilité de l’épaule

Conclusion

Bien d’autres éléments anatomiques sont présents à l’épaule : nerfs,
vaisseaux (artères, veines), ligaments; ils n’ont pas été évoqués pour des
raisons de simplicité et de clarté, car peu utiles à la compréhension
élémentaire des maladies de l’épaule et de leurs traitements.

Le conflit sous-acromial

Définition

Ce qu’on croit être une « tendinite », c’est souvent un conflit sous-acromial, qui
correspond au frottement du tendon sus-épineux, contre la face profonde de
l’acromion et qui est alors inflammatoire. Souvent, il existe une aspérité osseuse sous
l’acromion1 ,
qui érode la face superficielle du sus-épineux. Le conflit sous-acromial est
donc souvent décrit comme une tendinite de l’épaule. La figure 5.1 page 67
illustre cette pathologie.

PIC

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À droite, le bec sous acromial érode le tendon sus épineux lors de
l’élévation latérale du bras (humérus).
À gauche, situation rendue à la normale après fraisage du bec de
perroquet.

FIGURE 5.1 Le conflit sous acromial

Signes cliniques

Le conflit sous-acromial provoque des douleurs à l’épaule, essentiellement
lors de l’élévation du bras au dessus de l’horizontale ou sur le côté; il s’en
suit une baisse de force progressive, une limitation des amplitudes de
mouvement pour éviter la douleur, et un enraidissement de l’épaule.
Souvent, les douleurs deviennent permanentes, y compris la nuit. Ce sont
exactement les mêmes symptômes que pour une rupture de coiffe (voir
Chapitre 10, Page 120), et d’ailleurs il est fréquent de constater que les
ruptures de coiffe sont passées par une phase de conflit sous-acromial,
parfois des années avant la rupture. C’est pourquoi il ne faut pas réitérer les
infiltrations à l’épaule, car en soulageant provisoirement la douleur, elle
masquent la dégradation progressive de la coiffe, aboutissant au stade de
rupture.

L’imagerie médicale

Le diagnostic de certitude nécessite un bilan d’imagerie médicale de qualité :

  • Les radiographies standard ne voient pas les tendons, mais peuvent
    visualiser le bec de perroquet sous-acromial, responsable de l’usure
    progressive de la coiffe;
  • L’échographie, rapidement réalisable et peu coûteuse, est un examen
    de dépistage de première intention, qui doit être complété d’une IRM
    ou d’un arthroscanner pour plus de précision;
  • L’IRM ou l’arthroscanner : permettront de mieux voir le « bec de
    perroquet »
    , mais surtout d’éliminer une rupture de coiffe associée.

Traitement médical

Dès l’apparition des symptômes, le traitement médical est justifié et
comporte :

  • La prise d’antalgiques, et anti-inflammatoires;
  • La rééducation de l’épaule, qui permet de :

    • soulager la douleur : c’est la physiothérpaie antalgique;
    • recentrer l’épaule, c’est à dire faire baisser la tête humérale pour
      l’éloigner de l’acromion, en renforçant l’action de certains muscles
      du dos : le grand rond, et le grand dorsal;
  • Une infiltration de cortisone à l’espace sous-acromial peut être faite, mais
    ne doit pas être réitérée sans avis chirurgical, car elle masque l’usure
    progressive de la coiffe qui peut aboutir à une rupture.

C’est en cas d’inefficacité de ces traitements médicaux qu’intervient la
chirurgie.

L’acromioplastie sous arthroscopie

Le traitement radical et définitif du conflit sous-acromial
consiste à rabotter cette excroissance osseuse par un fraisage
sous arthroscopie : cette chirurgie est toujours réalisée en
ambulatoire2
sous anesthésie générale, et est réalisée par deux à trois petites incisions de 5
mm, qui permettent tour à tour l’introduction dans l’épaule d’une fibre
optique montée sur une caméra, et de mini instruments motorisés : voir
Figure 5.2, Page 72.

Dans ses suites, vous pourrez mobiliser activement votre épaule, en secteur
d’amplitude complète, et sans réserve. Aucune immobilisation n’est
souhaitable après cette opération
, car elle risque de provoquer un
enraidissement de l’épaule préjudiciable. La durée de convalescence
professionnelle varie suivant les professions, de un à deux mois en général.
Très souvent, ce geste d’acromioplastie est réalisé en complément d’une
autre intervention sur l’épaule : dans ce cas le protocole de rééducation peut
être différent.


1 Bec sous-acromial
2 Coblateur hyperfréquence
3 Fraise motorisée
4 Acromion fraisé et plat
5 Superficie de la coiffe
FIGURE 5.2 acromioplastie arthroscopique

Les ruptures de coiffe

Définition

Les ruptures de coiffe correspondent à une déchirure d’un ou plusieurs
tendons de la coiffe des rotateurs. Elles font souvent suite à un conflit
sous-acromial (voir Chapitre 5.1) qui a évolué défavorablement vers la
rupture : on retrouve souvent un historique de pseudo-tendinite soignée par
infiltrations. Parfois, elles sont découvertes fortuitement, suite à un minime
traumatisme1 .

Signes cliniques

Les signes cliniques sont quasiment identiques à ceux d’un conflit
sous-acromial : la rupture de coiffe provoque des douleurs à l’épaule,
essentiellement lors de l’élévation du bras au dessus de l’horizontale ou sur
le côté; il s’en suit une baisse de force progressive, une limitation des
amplitudes de mouvement pour éviter la douleur, un enraidissement de
l’épaule, et souvent, les douleurs deviennent permanentes, y compris la
nuit.

Si les douleurs peuvent disparaître avec la rééducation et
les antalgiques, cette rupture de coiffe ne peut pas cicatriser
spontanément, et son évolution va aller vers l’agrandissement de
la rupture, et l’irréversible fonte musculaire de la coiffe.

Diagnostic d’Imagerie Médicale

La rupture de coiffe est le plus souvent dépistée par l’échographie, mais une
IRM ou un arthro-scanner est indispensable pour mesurer la taille de la
rupture, et la fonte musculaire de la coiffe des rotateurs.

La réparation chirurgicale de la coiffe

Le traitement médical basé essentiellement sur la rééducation antalgique,
peut soulager les douleurs, mais la coiffe ne cicatrisera pas et la taille de la
rupture s’agrandira dans le temps. Un rupture de coiffe douloureuse,
à plus forte raison chez les sujets jeunes, nécessite une réparation
chirurgicale.

L’intervention peut être réalisée sous arthroscopie (utilisation d’une caméra,
et réparation de la coiffe par trois à cinq petits trous dans l’épaule comme
illustré figure 6.5 page 81), ou a ciel ouvert (réalisation d’une cicatrice sur
l’épaule). Le choix de l’une ou l’autre technique dépend de chaque cas
particulier, et à terme, au delà de six mois post opératoire, les résultats sont
identiques.

L’intervention qui nécessite une anesthésie générale est toujours réalisée en
ambulatoire (entrée et sortie le jour même de l’intervention). Elle consiste à
raccrocher sur l’os le tendon qui est déchiré, en utilisant des fils très solides

montés sur des petites chevilles en nylon.

Ma technique de prédilection est la réinsertion en double rang qui permet
avec quatre ancres et quatre cordelettes, de réaliser un maillage qui plaque
solidement la coiffe sur l’os : vous verrez trois exemples de réinsertion en
double rang sur trois ruptures différentes, sur la Figure 6.6, Page 84,
ainsi qu’une représentation en images 3D sur la Figure 6.1, Page 78.

PIC

PIC

FIGURE 6.1 La réinsertion en Double Rang d’une rupture du
sus-épineux en image 3D

La gestion des douleurs post-opératoires est basée sur les antalgiques par
comprimés (antalgiques classiques, anti-inflammatoires et morphine), et la
cryothérapie (glaçage de l’épaule).

Durant le premier mois qui suit l’intervention, l’épaule est immobilisée bras
en écharpe, portée jour et nuit, qui peut être retirée pour faire les exercices
d’auto-rééducation trois fois par jour, la prise des repas et la toilette. Dans le
cas de très larges ruptures de coiffe ayant nécessité une réparation sous
tension, une immobilisation totale de l’épaule sans aucune auto-rééducation
peut être prescrite.

PIC

FIGURE 6.2 principe de
l’arthroscopie d’épaule
FIGURE 6.3 vous serez opéré
assis : c’est le « beach chair »
FIGURE 6.4
trois petites incisions sont le plus
souvent suffisantes

PIC

FIGURE 6.5 Intervention sur une épaule gauche

PIC

se tendon sus-épineux
co coblateur hyperfrequence (nettoyeur)
tr trochiter : site d’insertion dus sus-épineux
ut Ultra-Tape, cordelette de suture
ac acromion, avant et après fraisage
sh shaver = fraise motorisée
FIGURE 6.6 Trois ruptures de coiffes différentes, avant et après
réparation par technique en double rang, et une acromioplastie sur la
troisième rangée de photos.

PIC

Une
rupture de 15 x
25 mm de forme
triangulaire
réparée
par un montage
en double V

Le cas particulier de la rupture « irréparable »

Si la taille de la rupture de coiffe est trop grande, elle ne peut être
réparée, car ni le tendon ni le muscle ne sont élastiques, et au delà
de 3 à 4 cm, il n’est plus possible d’assurer une réinsertion solide
de la coiffe sur l’os car il manque trop de matière. Dans ce cas si
l’épaule est douloureuse et/ou impotente, le traitement consiste à poser
une prothèse d’épaule, qui fonctionne sans la coiffe des rotateurs,
uniquement avec le deltoïde, comme expliqué au chapitre 7 page
99.

PIC

FIGURE 6.7 A gauche une rupture de coiffe réparable : le trou fait
2-3 cm et le muscle n’a pas fondu; A droite, une rupture irréparable le
trou fait plus de 4 cm, et le muscle a fondu.

La prothèse d’épaule

PIC

  • Retour chez vous au plus tard dès le lendemain de l’intervention;
  • Pas de centre de rééducation, pas de kiné;
  • Aucune immobilisation contraignante;
  • Reprise de toutes vos activité professionnelles, sportives ou de loisir!1

Généralités

L’arthrose de l’épaule, médicalement appelée omarthrose, correspond à
l’usure des surfaces articulaires principales de l’épaule entre l’humérus et
l’omoplate, comme illustré sur la figure 7.1 page 99. Elle provoque douleurs,
limitation d’amplitude de mouvements, et baisse de force. Elle peut
survenir spontanément ou faire suite à une très large rupture de coiffe
évoluant à bas bruit depuis plusieurs années comme expliqué au chapitre
6.5, page 89. La guérison définitive de cette arthrose consiste donc à
remplacer l’articulation détruite de l’épaule par une prothèse, suivant
le même principe que pour la hanche ou le genou. Les progrès de
conception de ces prothèses, et la généralisation de cette intervention
permettent désormais de grandement faciliter les suites avec notamment :

  • Une durée d’hospitalisation d’une nuit maximum, avec un retour à
    domicile possible dans tous les cas au plus tard dès le lendemain de
    l’intervention;
  • Un séjour en centre de rééducation est totalement inutile, et même
    formellement interdit pour avoir un bon résultat;
  • Une grande maîtrise des douleurs post opératoire, qui permet à tous
    les patients de bénéficier de traitements par voie orale le jour même
    de leur intervention;
  • Aucune immobilisation contraignante après l’opération : au contraire,
    l’épaule doit être mobilisée activement immédiatement en post
    opératoire suivant les consignes qui seront remises : vous n’aurez
    donc pas d’attelle qui soulève le bras, et pourrez bouger celui ci
    librement immédiatement;
  • Une convalescence basée exclusivement sur l’auto-rééducation par
    des exercices très simples (voir Partie ??, Page ??), que vous pourrez
    faire chez vous quel que soit votre âge avec la garantie du meilleur
    résultat possible;
  • La reprise rapide des activités sportives (musculation, fitness, yoga,
    pilates, golf, etc…), de bricolage, de loisirs, y compris la chasse et ce,
    quel que soit le calibre de votre arme.

La prothèse d’épaule permet donc :

  • de supprimer les douleurs de votre épaule, y compris
    nocturnes;
  • de gagner de l’amplitude de mouvements : main au dessus
    de la tête, élévation latérale, rotations;
  • de gagner en force d’élévation de l’épaule : soulever du poids,
    lever le bras en avant ou sur le côté.

Diagnostic de certitude

Une simple radiographie est suffisante pour faire le diagnostic. Un scanner
ou une IRM peut être parfois demandé pour analyser les tendons de l’épaule
et planifier au mieux l’intervention.

Les deux types de prothèses d’épaule

Il existe deux types de modèles de prothèses d’épaule, visibles sur la figure
7.2 page 99 :

  • La prothèse anatomique : restitue à l’identique la forme d’une
    épaule naturelle. Elle n’est implantable que si les tendons de la coiffe
    des rotateurs sont parfaitement intacts, on parle dans ce cas d’une
    arthrose centrée, quel que soit l’âge du patient;
  • La prothèse inversée : doit son nom au fait que la courbure de
    l’interface de glissement entre l’humérus et l’omoplate est inversée.
    Elle est implantée chez des patients ayant une rupture de la coiffe des
    rotateurs, quel que soit leur âge.

Le type de prothèse ne dépend donc pas de votre âge, mais de l’état
anatomique de votre épaule; ainsi, vous ne pouvez choisir vous même un
modèle de prothèse plutôt qu’un autre. Quoi qu’il en soit, quel que soit le
modèle de prothèse, l’intervention, sa préparation, son évolution, et la
convalescence qui suivra sera totalement identique : il n’y a donc pas une
prothèse « meilleure » qu’une autre : il y seulement celle qui est faite pour
vous.

PIC

FIGURE 7.1 À gauche une épaule avec le cartilage intact; À droite,
une épaule dont le cartilage est détruit par l’arthrose : c’est le même
problème qu’à la hanche ou au genou.
PIC
FIGURE 7.2 Les deux types de prothèses d’épaule : à gauche
anatomique, à droite inversée : chacune a son indication bien spécifique,
qui vous sera expliquée en consultation. Il n’y a donc pas une prothèse
« meilleure » qu’une autre : il y seulement celle qui est faite pour vous.

Les pathologies du biceps

Définition

Le biceps, muscle principal de la flexion du coude, a un de ses deux
tendons qui passe au milieu de l’articulation de l’épaule, s’y réfléchit
pour s’accrocher profondément sur l’omoplate (voir la Figure 4, Page
55). Dans son passage à l’épaule, il est soumis à des contraintes
en étirement, pincement, et frottements qui sont à l’origine de
douleurs de l’épaule. Il y a différentes formes de pathologies du long
biceps1 :

  • tendinite du corps du long biceps;
  • déchirure de son insertion sur la glène : ce sont les SLAP lesions,
    pathologie récemment découverte illustrée Figure 8.1, Page 103;
  • pincement par l’acromion;
  • très souvent, une pathologie du long biceps accompagne aussi une
    rupture de coiffe : voir Chapitre 10, Page 120.
slap

déchirure du biceps

k

kyste développé depuis
la déchirure du biceps

n

nerf
supra-scapulaire comprimé
par le kyste

FIGURE 8.1
Un exemple de SLAP lésion
(déchirure du biceps), compliqué
d’un kyste qui comprime un nerf
de l’épaule.

Signes cliniques

Les signes cliniques sont atypiques, mais il y a toujours une douleur de
l’épaule, survenant aux mouvements, avec parfois une composante
inflammatoire et la persistance des douleurs nocturnes. Inconstamment, un
ressaut peut être ressenti à l’épaule. Très souvent, cette maladie du
biceps est associée à un conflit sous-acromial ou à une rupture de
coiffe : dans ce cas, le sus-épineux qui est déchiré, ne protège plus
le tendon du biceps du frottement avec l’acromion (comme sur la
photo en haut à gauche sur la Figure 8.2, Page 107). Cette « tendinite »
peut aller jusqu’à la rupture du long biceps, plus impressionnante
qu’invalidante, avec le « Popeye Sign » comme sur la Figure 8.3, Page
111.

Imagerie médicale

Le diagnostic de certitude nécessite un bilan d’imagerie médicale de qualité;
les radiographies sont le plus souvent normales, l’échographie n’est pas
suffisante pour le diagnostic (mais dans ce cas plus précise que pour les
ruptures de coiffe), il faut toujours la compléter d’une IRM ou d’un
arthroscanner, afin d’éliminer une rupture de coiffe. Malgré tout il est très
fréquent d’avoir une imagerie normale même avec un biceps très abîmé, et
c’est l’arthroscopie qui permettra de faire le diagnostic, comme sur la Figure
8.2, Page 107.


1 rupture de coiffe
2 biceps inflammatoire
3 tête humérale
4 déchirure du biceps
5 glène humérale
FIGURE 8.2 les maladies du
biceps

Traitement

Le traitement médical est basé sur la prise d’antalgiques et d’anti-inflammatoires.
La rééducation peut apporter un soulagement, par la physiothérapie
antalgique et surtout le maintien des amplitudes articulaires de l’épaule.

Le traitement chirurgical est toujours realisé sous arthroscopie : il consiste à
détacher le biceps de son insertion native sur la partie supérieure de la glène,
et de le raccrocher plus bas, après avoir retiré sa portion intra articulaire qui
est le plus souvent inflammatoire ou dilacérée.

Cette intervention nécéssite une heure d’anesthésie générale, et n’est suivi
d’aucune immobilisation contraignante, il est cependant recommandé
d’éviter de soulever du poids du côté opéré durant deux mois post-opératoire
pour éviter que la réinsertion du long biceps ne lâche, ce qui aboutirait à une
chute du biceps vers le coude comme sur la Figure 8.3, Page 111, plus
gênante esthétiquement que fonctionnellement puisque le force de flexion du
coude n’est pas affectée par cette opération.

PIC

FIGURE 8.3 Le « Popeye Sign », ici sur le bras droit du patient, ne
se voit que chez les patients très minces, et n’a qu’une conséquence
esthétique, sans baisse de force ni douleur.

L’arthrose acromio-claviculaire

Définition

L’arthrose acromio claviculaire est très fréquente, et se voit même chez
des sujets jeunes de moins de 40 ans, surtout chez les travailleurs de
force1 .
Elle correspond à la destruction de cette petite articulation entre la clavicule
et l’acromion au dessus de l’épaule, qui comprend un ménisque. Elle est
souvent très bien tolérée, mais constitue une cause fréquente de consultation
pour douleurs de l’épaule. Elle est très souvent sous estimée, car
il faut bien connaître toutes les pathologies de l’épaule, et ne pas
penser qu’à la coiffe! Elle est schématisée sur la Figure 9.1, Page
114.


ac acromion
m menisque entre clavicule et acromion
cl clavicule
ca cartilage sur acromion et clavicule
arthrose AC destruction du cartilage, du ménisque,
excroissances osseuses = ostéophytes
FIGURE 9.1 L’arthrose acromio-claviculaire

Diagnostic de certitude

Une simple radiographie est suffisante pour faire le diagnostic; cependant, on
ne la voit que sur une incidence spécifique qui n’est que très rarement
prescrite. Une IRM ou un arthroscanner seront demandés pour vérifier qu’il
n’y ait pas une rupture de coiffe associée.

Traitement Médical

Dans un premier, le traitement médical est justifié et comporte :

  • La prise d’antalgiques, et anti-inflammatoires
  • La rééducation de l’épaule, notamment la physiothérapie antalgique
  • Une infiltration de cortisone dans l’articulation acromio-claviculaire,
    peut soulager provisoirement, et confirmer le diagnostic.

La Mumford procedure

Le traitement radical et définitif de cette arthrose consiste à supprimer le
frottement de deux surface articulaires détruites par l’arhrose, en enlevant
quelques millimètres de clavicule : c’est la « Mumford Procedure ».
Secondairement, l’espace créé se comble d’un tissu cicatriciel qui recréé la
jonction tampon élastique entre la clavicule et l’acromion.

PIC

Cette chirurgie est toujours
réalisée en ambulatoire
(entrée et sortie le jour
même de l’intervention
pour un retour à domicile)
sous anesthésie générale.
Elle est le plus souvent
réalisée par une cicatrice
de 5 cm sur le dessus de
l’épaule, mais est parfois
réalisée sous arthroscopie,
quand elle
est complémentaire d’une
chirurgie de la coiffe.

Dans ses suites, vous devrez mobiliser activement votre épaule, en secteur
d’amplitude complète, et sans réserve. Aucune immobilisation n’est
souhaitable après cette opération
, car elle risque de provoquer un
enraidissement de l’épaule préjudiciable. La durée de convalescence
professionnelle varie suivant les professions, de un à deux mois en général.
La disparition complète des douleurs et la récupération de la force peut
nécessiter 4 à 6 mois. Ce geste d’arthroplastie acromio-claviculaire peut être
réalisé en complément d’une autre intervention sur l’épaule : dans ce cas la
rééducation dépendra du geste associé.


cl clavicule
ac acromion
coiffe partie superficielle du sus-épineux
FIGURE 9.2 vue arthroscopique de l’articulation
acromio-claviculaire droite arthrosique, vue par l’arrière, avant et après
Mumford Procedure.
PIC
FIGURE 9.3 Le principe de la Mumford Procedure; l’intervention est
réalisée sous arthroscopie ou par une incision sur l’épaule : on enlève
l’arthrose et on créé un espace entre la clavicule et l’acromion qui va se
combler d’un tissu cicatriciel reconstituant cette jonction élastique.

Les calcifications de coiffe

Définition

La calcification d’un ou plusieurs tendons de la coiffe des rotateurs (le plus
souvent le sus-épineux) correspond à une poche de cristaux calciques dans
l’épaisseur du tendon. Leur origine est inconnue, en réalité sans rapport avec
l’exercice professionnel ou l’alimentation. Elles touchent plutôt les femmes.
Le terme de calcification fait penser à une structure solide : en réalité
la calcification a une consistance molle, ressemblante à une pâte
dentifrice, et correspond à une poche de purée calcique au sein du
tendon.

Signes cliniques

Les calcifications provoquent des douleurs continues, même sans bouger
l’épaule, mais toujours aggravées par les mouvements, et souvent très
importantes la nuit. Elles peuvent provoquer un enraidissement de l’épaule
par sous utilisation de celle ci pour moins souffrir.

Diagnostic de certitude

La calcification se voit toujours très bien sur une simple radiographie de
l’épaule. Elles sont significatives au delà de 1 cm dans leur plus grande
longueur. Une IRM ou un arthroscanner sera demandé pour vérifier qu’il n’y
ait pas une rupture de coiffe associée.

Traitement médical

Le traitement initial est basé sur :

  • Les traitements antalgiques, et anti inflammatoires;
  • Une infiltration sous-acromiale pour soulager la douleur, mais qui ne
    permettra pas de supprimer sa cause;
  • La rééducation : très importante pour éviter l’enraidissement de
    l’épaule;
  • Les ondes de choc : qui peuvent permettre de percer la coiffe pour
    faire évacuer la purée calcique.

Evacuation arthroscopique de la calcification

Le traitement chirurgical optimal consiste à évacuer cette poche de purée
calcique par arthroscopie; Cette chirurgie est toujours réalisée en
ambulatoire (entrée et sortie le jour même de l’intervention pour un retour à
domicile). Elle nécessite une anesthésie générale, et est réalisée par deux à
trois petites incisions de 5 mm, qui permettent l’introduction dans l’épaule
d’une fibre optique montée sur une caméra, et de mini instruments

motorisés : voir Figure 10.1, Page 124.

Dans ses suites, vous devrez mobiliser activement votre épaule, en secteur
d’amplitude complète, et sans réserve. Aucune immobilisation n’est
souhaitable après cette opération, car elle risque de provoquer un
enraidissement de l’épaule préjudiciable. La durée de convalescence
professionnelle varie suivant les professions, de un à deux mois en général.
Les douleurs peuvent mettre deux à trois mois pour disparaître totalement.
Très souvent, un geste complémentaire d’acromioplastie sera réalisé pour
éviter la récidive de cette calcification (voir Chapitre 5.1) : ce geste
complémentaire associé ne modifie pas les suites.

PIC

PIC


PIC

FIGURE 10.1 Évacuation d’une
calcification par arthroscopie : la
calcification est bien de
consistance molle

Les luxations d’épaule

Définition

La luxation d’épaule, ou luxation scapulo-humérale, correspond au
déboitement de l’articulation comme représenté sur la figure 11.1 page 128.
Elle survient lors d’un accident, le plus souvent dans un contexte sportif
(chute ou torsion de l’épaule).

PIC

FIGURE 11.1 Luxation antéro-interne de l’épaule droite

Lors d’une véritable luxation d’épaule, la remise en place de l’articulation
(on parle de réduction) ne peut se faire par le patient lui-même. Il faut aller
au services des urgences, ou après avoir fait des radiographies qui confirment
le diagnostic de luxation et vérifient qu’il n’y ait pas de fracture associée, le
médecin peut remettre l’épaule en place en tirant sur le bras, le plus souvent
lors d’une anesthésie légère.

Ce premier épisode de luxation est le plus souvent traité par une simple
immobilisation à porter durant 3 semaines, suivi d’une rééducation adaptée,
et dans la majorité des cas ne nécessite aucun examen complémentaire.
Il reste le plus souvent isolé, et il ne survient plus jamais d’autre
luxation.

Mais parfois, et même malgré des soins appropriés, ce premier accident a
provoqué une instabilité chronique de l’épaule, et les épisodes de luxation se
réitèrent de plus en plus souvent, à chaque fois avec un mécanisme
déclenchant banal (se coiffer, attraper la ceinture de sécurité, jouer, etc…).
Dans ce cas le quotidien est de plus en plus pénible, avec abandon des sports,
et appréhension aux moindres mouvements susceptibles de provoquer une
nouvelle luxation. Souvent dans ce cas, les patients ont appris à se remettre
eux-même l’épaule en place.

Alors il faut intervenir pour stabiliser l’épaule afin que ces luxations ne
surviennent plus, et retrouver une vie quotidienne et sportive normale.

Quand faut il intervenir?

On ne propose jamais une intervention chirurgicale dans les suites d’un
premier épisode, car il peut très bien guérir naturellement.

Au delà de trois épisodes de luxation, on parle de luxation récidivante de
l’épaule, et on peut proposer une intervention chirurgicale.

Plusieurs interventions existent pour stabiliser l’épaule, mais la plus
fiable reste sans aucun doute l’intervention de Latarjet, ou « butée
d’épaule ».

La butée de Latarjet

Cette opération stabilisatrice de l’épaule consiste à déplacer un
os1 mais surtout le
muscle qui s’y insère2 ,
pour venir le plaquer sur le devant de la
glène3 , afin
que ces muscles jouent le rôle d’un sanglage dynamique, lors des mouvements de
rétropulsion4
de l’épaule, qui sont les mouvements provoquant les luxations, comme
illustré sur la figure 11.2 page 132.

PIC

FIGURE 11.2 Le principe de la butée de Latarjet

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale, au cours d’une
hospitalisation ambulatoire (entrée et sortie le jour même de l’opération). Il
n’y a pas de drain, et la peau est refermée avec un surjet intradermique
résorbable, assurant une cicatrisation rapide et esthétique : il n’y a pas de
points à enlever. Le bras est mis en repos dans une simple écharpe,
mais peut être utilisé à volonté dès le lendemain de l’intervention,
pour les gestes de la vie quotidienne et pour faire les exercices d’auto
rééducation.

Les suites de l’opération

Dès le lendemain de l’intervention vous devrez réaliser trois fois par jour les
exercices de mobilisation de l’épaule (idéalement avec un tabouret à
roulettes), comme indiqué dans le protocole « Butée de Latarjet » qui vous
sera remis après votre intervention. Il est interdit de soulever du poids, ni de
travailler la musculation du biceps avant le 3ème mois post opératoire. La
conduite automobile est possible sous dix jours environ. L’écharpe peut être
enlevée à volonté.

En l’absence de complication, la butée sera solide et consolidée au bout de
90 jours après l’opération, date à laquelle les sports pourront être repris
progressivement. Un délais supplémentaire de 3 mois peut être nécessaire
pour les sports à haut risque de traumatisme (Rugby, Judo, sports de combats
avec chutes, VTT, etc..).

Exercices d’auto-rééducation

Cette partie est la plus importante de ce livre : vous devez comprendre et
suivre à la lettre toutes les consignes suivantes :

Principes fondamentaux

Dès le lendemain de votre intervention, et durant tout le mois qui suivra,
vous n’irez pas chez un kiné, mais vous devrez faire vous même trois fois
par jour une série d’exercices très simples d’auto-rééducation. En effet, dans
tous les cas et suivant l’intervention dont vous aurez bénéficié à l’épaule, je
vous remettrai un protocole d’auto rééducation spécifique, qui vous
expliquera quels exercices vous pourrez faire et ce que vous ne devrez pas
faire.

Ce chapitre a donc pour but de vous montrer en images les exercices
éventuels que vous devrez faire, en leur donnant un nom, et une description
d’exécution, mais tous ne sont pas à faire forcément dans tous les cas. C’est
cette haute fréquence de travail, et son volume suffisant qui en découle qui
garantit la meilleure option pour récupérer de votre opération, afin d’éviter
qu’elle ne se grippe. Même si vous avez très mal à l’épaule, il faudra vous
efforcer courageusement faire ces exercices pour éviter que votre
épaule ne se grippe. Finissez votre séance d’auto-rééducation par
quelques minutes de glaçage de l’épaule avec la vessie de glace à
l’antigel.

Si vous avez été opéré d’une réparation des tendons de la coiffe, ne faites
aucun exercice de force (bidon, élastique) durant le mois qui suit
l’intervention.

Si vous avez été opéré d’une prothèse d’épaule, ne faites pas les exercices de
force à l’élastique durant le mois qui suit l’intervention.

Vidéos explicatives

Vous trouverez sur mon site internet :

des vidéos explicatives qui décrivent chaque mouvement à faire chez vous,
dans le menu « ÉPAULE » , le sous menu « auto-rééducation ».

Échauffement avant l’entraînement

PIC

Le pendulaire : penché en avant , la main valide prend appui sur la table.
Laissez pendre le bras opéré, relâchez les trapèzes, laissez tomber l’épaule
vers le sol; faites des ronds avec l’épaule, dans un sens et dans l’autre; le
mouvement doit partir de l’épaule, pas du coude ni du poignet : gardez
donc le bras tendu; Cette position sera utilisée pour la toilette de
l’aisselle.

Le roulé d’épaule : Il évite les crampes du trapèze qui est souvent
sur-sollicité pour mécaniser l’articulation scapulo-thoracique en cas de
douleur à l’épaule. Debout, laissez pendre les bras, relâchez les trapèzes, et
roulez des épaules dans un sens et dans l’autre.

Ces deux exercices ne doivent pas prendre plus de 90 secondes, et ne
constituent pas la rééducation de votre épaule : ce ne sont que des exercices
d’échauffement.

Élévation antérieure au tabouret

Assis sur le tabouret à roulette, dont la hauteur est bien réglée, le coude
repose sur le côté de la table, les deux épaules sont alignées. Reculez le
tabouret en poussant sur les jambes, gardez toujours le coude collé à la table.
Reculez au maximum, jusqu’à ce que la tête soit alignée avec le bras. Restez
10 secondes en position basse, même si ça tire! Revenez lentement à votre
position de départ. Prenez votre temps, et dès que prêt, repartez pour une
nouvelle répétition.

Faites 10 répétitions en restant 10 secondes en position basse, même si ça
fait très mal.

PIC

Réglez
correctement la
hauteur
du tabouret : les
épaules
sont horizontales,
le coude est posé
sur la table,vous
ne devez pas
partir « tordu ».

PIC

Reculez bien
dans l’axe, le bras
doit partir bien
devant, et ne doit
pas dévier sur le
côté.

PIC

Élévation latérale au tabouret

PIC

Assis sur le tabouret à roulette, dont la hauteur est bien réglée, le coude
repose sur le côté de la table, les deux épaules sont alignées. Poussez avec
les jambes pour déplacer le tabouret sur le côté, gardez toujours le
coude collé à la table. Déplacez vous latéralement au maximum,
jusqu’à ce que la tête soit alignée avec le bras. Restez 10 secondes en
position basse, même si ça tire! Revenez lentement à votre position de
départ. Prenez votre temps, et dès que prêt, repartez pour une nouvelle
répétition.

Faites 10 répétitions en restant 10 secondes en position basse, même si ça
fait très mal.

Élévation latérale active : la poule

PIC

Debout devant un miroir pour contrôler son mouvement. Pliez les coudes,
posez les pouces sur les épaule pour alléger le poids du bras. Montez les
coudes le plus haut possible sur le côté. Essayez d’aller aussi haut du côté
opéré que du côté sain. En haut gardez la position une seconde (c’est le pic
de contraction) et redescendre lentement (on parle de contrôle de la phase
excentrique).

Faire 10 répétitions.

ATTENTION! ne pas faire cet exercice le mois qui suit l’opération de la
coiffe des rotateurs.

Travail de la rotation externe

PIC

Debout, la main valide maintient le coude au corps, et la main du
côté opéré repose sur le bord d’un meuble ou sur le dormant d’une
porte. Tout en maintenant le coude collé au corps, tournez vous du
côté non opéré pour travailler la rotation externe de l’épaule (c’est le
mouvement pour aller chercher la ceinture de sécurité). En bout de
course, gardez la position 10 secondes, puis revenez en position de
départ.

Faites 5 répétitions.

ATTENTION! ne pas faire cet exercice le mois qui suit l’opération
de la prothèse d’épaule, ou de la réparation du sous scapulaire.

Travail de la rotation interne

PIC

Debout, tenez avec vos deux mains un manche à balais derrière les fesses. La
main valide tire sur le manche vers le haut pour faire suivre la main du côté
opéré : ceci permet de travailler la rotation interne de l’épaule qui est le
mouvement le plus difficile et le plus long à récupérer. Quand vous
êtes au maximum, gardez la position 10 secondes, puis redescendez
lentement.

Faites 5 répétitions.

ATTENTION! ne pas faire cet exercice le mois qui suit l’opération
de la prothèse d’épaule, ou de la réparation du sous scapulaire.

Renforcement du deltoïde

PIC

C’est l’exercice principal pour gagner de la force à l’épaule. Utilisez un
bidon de 5 litres avec une poignée, et le remplir à la demande : le poids
variera donc de 500 g à 5 kg.

Levez le bidon sur le devant, bras tendu, paume de main vers le sol
(en pronation). Monter jusqu’à l’horizontale, il n’est pas nécessaire
d’aller plus haut. Gardez la pause en haut une seconde (c’est le pic de
contraction) et redescendre lentement (on parle de contrôle de la phase
excentrique).

Faire 4 séries de 10 à 20 répétitions, avec une minute de repos entre les
séries. Si vous arrivez à faire 20 répétitions sans difficulté, augmentez la
charge de 1 kg, et ainsi de suite. Notez tous les jours vos répétitions et
charges dans un cahier, et cherchez chaque fois à en faire plus que le jour
précédent : pour gagner de la force il faut appliquer une surcharge
progressive.

ATTENTION! ne pas faire cet exercice les trois mois qui suit l’opération
de la coiffe des rotateurs.

Renforcement du sous épineux

PIC

L’exercice se fait en position assise ou debout, avec un élastique attaché d’un
côté sur un point fixe (poignée de porte, pied de table, crochet au mur). Le
mouvement se fait en gardant le coude collé au corps et en tirant sur
l’élastique pour écarter la main sur le côté, en effectuant une sorte de « revers
de tennis », mais coude au corps.

Faire 3 séries de 10 à 20 répétitions, avec une minute de repos entre chaque
série.

Il faut un élastique de faible résistance car le sous épineux est un muscle
naturellement très faible.

Notez tous les jours vos répétitions dans un cahier, et cherchez chaque fois à
en faire plus que le jour précédent : pour gagner de la force il faut appliquer
une surcharge progressive.

ATTENTION! ne pas faire cet exercice le mois qui suit l’opération
de la prothèse d’épaule, ou de la réparation du sous scapulaire.

Renforcement du sous scapulaire

PIC

L’exercice se fait en position assise ou debout, avec un élastique attaché d’un
côté sur un point fixe (poignée de porte, pied de table, crochet au mur). Le
mouvement se fait en gardant le coude collé au corps et en tirant sur
l’élastique pour écraser la main sur le ventre.

Faire 3 séries de 10 à 20 répétitions, avec une minute de repos entre chaque
série

Notez tous les jours vos répétitions dans un cahier, et cherchez chaque fois à
en faire plus que le jour précédent : pour gagner de la force il faut appliquer
une surcharge progressive.

ATTENTION! ne pas faire cet exercice le mois qui suit l’opération
de la prothèse d’épaule, ou de la réparation du sous scapulaire.

Les suites

Suites immédiates

A la sortie du bloc

A votre retour dans votre chambre, vous retrouverez votre équipe infirmière
pour des contrôles réguliers de votre pouls, votre tension et votre niveau de
douleur. Il vous sera proposé une collation selon les consignes du médecin
anesthésiste. Les perfusions seront retirées dès votre retour en chambre, et
relayées par un traitement par comprimés.

Le premier lever sera effectué très rapidement :

  • L’après-midi même en cas de chirurgie ambulatoire, avec les
    infirmières du service, l’appui total étant autorisé d’emblée sur le
    membre opéré, que vous ayez été opéré de la hanche ou du genou),
    en vous aidant des béquilles; La méthode pour effectuer les premiers
    pas est décrite au Chapitre ??, Page ??;
  • En cas d’hospitalisation, le premier lever est également possible
    le jour même de l’intervention, mais selon l’heure de votre retour
    en chambre peut être reporté au lendemain pour des raisons
    d’organisation;
  • Afin de favoriser votre récupération rapide, habillez vous dès votre
    réveil, avec des vêtements confortables (mais pas de pyjama ou
    de chemise de nuit en journée) et des chaussures caoutchouc type
    CROCS pour réaliser les exercices d’auto rééducation; Celle-ci sera
    débutée l’après midi même de l’intervention.

Antalgie post opératoire

La lutte conte la douleur post opératoire est essentielle, non seulement pour
votre confort, mais surtout pour vous permettre de faire votre rééducation
sans délai, dès le jour même de l’intervention : c’est en effet le seul moyen
pour obtenir le meilleur résultat définitif.

Cette antalgie est permise par :

L’utilisation d’une anesthésie de la hanche ou du genou, réalisée par moi
même durant l’intervention et qui vous évitera de ressentir la douleur au
réveil pendant 10 à 12 heures;

L’utilisation de la cryothérapie (pack de froid, vessie de glace, attelle
compressive réfrigérante), que vous devrez poursuivre à domicile, à
utiliser sans limite; La glace a un effet antalgique (contre la douleur),
anti-inflammatoire (contre le gonflement), et hémostatique (empêche le
saignement). Pour éviter tout risque de brûlure, la glace ne doit pas être en
contact direct avec votre peau. Pensez à toujours isoler l’élément réfrigérant
de la peau avec un tissu (linge de toilette, serviette,…).

Le recours aux comprimés de médicaments antalgiques de différents types
(paracétamol, anti inflammatoires, morphiniques) qui vous seront le plus
souvent prescrits à l’avance;

Pour gérer au mieux la douleur, vous devrez prendre de façon systématique
votre traitement antalgique et anti-inflammatoire, tel qu’il vous a été prescrit
sur les ordonnances qui vous ont été remises. Il ne faut pas attendre d’avoir
mal pour prendre les médicaments
et ce, pendant les 3 premiers jours.
Au-delà, prenez-les en fonction de vos douleurs. Si ces médicaments ne sont
pas suffisants ou mal tolérés, entrez en contact avec mon secrétariat pour
réévaluer et adapter le traitement contre la douleur. Certains de ces
médicaments peuvent occasionner des désagréments plus ou moins gênants
(nausée, constipation, brûlures d’estomac…), pouvant nécessiter de les
arrêter.

Un traitement anticoagulant vous a été prescrit pour éviter une phlébite. Ce
traitement doit être suivi pendant vingt jours pour le genou, trente pour la
hanche.

Gestion du traitement personnel anticoagulant

Si vous prenez habituellement un anticoagulant (Aspirine, Aspegic, Plavix,
Duoplavin, Previscan, Xarelto, Pradaxa, etc. . . tout traitement fluidifiant le
sang et faisant anormalement saigner) un protocole très précis d’arrêt de ce
traitement avant l’opération, et de reprise sous surveillance à distance de
l’opération vous sera expliqué et remis avant l’opération, et à votre sortie.
Les situations à risque de saignement excessif peuvent nécessiter des
procédures spécifiques (drains, hospitalisation prolongée, consignes de repos
et/ou d’immobilisation) qui vous seront expliquées en consultation et durant
votre hospitalisation.

Pansement

Pour les prothèses du genou, vous aurez un pansement compressif composé
de bandes COBANet du bas à varice comme sur la figure 13.1 page 158,
est mis en place à la fin de l’intervention devra être conservé six
jours sans y toucher, et ne surtout pas enlever le bas à varice : il a une
fonction hémostatique (empêche le saignement). Au delà du sixième
jour, le pansement devra être refait par une infirmière libérale au
rythme de tous les quatre à cinq jours, puis la cicatrice pourra être
laissée à l’air libre le plus souvent à partir du quatorzième jour après
l’opération.

PIC

FIGURE 13.1 Le pansement compressif, ici au genou gauche, à
conserver une semaine

Il arrive aussi parfois qu’un saignement important se produise dans ce
pansement : il ne faut pas céder à la panique et laisser le sang s’écouler sans
retirer le bas à varices ni les bandes compressives. Ce saignement cesse en
moins de trois jours.

Vous pourrez prendre des douches avec ces pansements, mais prenez grand
soin de celui ci, en veillant scrupuleusement à ne pas projeter le jet de
douche directement sur le pansement.

Par la suite, il ne faut pas laisser le film transparent étanche des boites de
pansement en permanence sur le genou, mais ne l’utiliser que pour le temps
de la douche, sinon il y a risque de macération et d’infection.

Attention : si votre pansement était humide, il faut le refaire rapidement car
l’eau est un vecteur de contamination bactérienne, donc d’infection.

Dans la quasi majorité des cas, la plaie opératoire sera fermée par
un surjet intradermique résorbable lent, qui permet un cicatrisation
très rapide, esthétique, sans avoir de contrainte d’ablation de fils ou
d’agrafes.

A La sortie de clinique

Je vous verrai avant votre sortie, et très souvent je vous expliquerai moi
même les exercices essentiels à réaliser pour votre auto-rééducation. Votre
médecin traitant sera informé par email ou courrier de votre compte rendu

opératoire. Si celles ci n’avaient pas été préparés par avance, les
ordonnances de médicaments et de pansements vous seront remises par
l’infirmière avant que vous ne quittiez votre chambre, ainsi que l’arrêt de
travail si nécessaire.

Le retour à votre domicile peut se faire avec votre voiture personnelle (en
tant que passager bien sûr), ou une ambulance, selon votre convenance et
l’éloignement de votre domicile, y compris si vous êtes opéré en
ambulatoire.

Post Opératoire immédiat

Les premiers jours post-opératoires

Dans les suites de votre opération, que ce soit à la hanche au genou ou à
l’épaule, je vous recommande de rester à votre domicile durant
une semaine sans en sortir
: en effet, sortir de chez vous, prendre
la voiture, va impliquer une grande quantité de mouvements, qui
n’auront pas l’efficacité d’une auto-rééducation, et exposent au risque de
saignement excessif, et donc d’hématome collecté : c’est une poche de
sang qui peut mettre longtemps à se résorber et peut nécessiter une
ré-intervention.

La convalescence

La rapidité de récupération dépend de la préparation préopératoire, des
techniques utilisées, mais aussi beaucoup de chaque individu, et le calendrier
de récupération n’est pas identique pour tout le monde; Toutefois on peut
retenir les éléments suivants :

  • La marche avec appui complet est toujours possible le jour même
    de l’intervention, ou le lendemain au plus tard (selon votre heure de
    passage au bloc opératoire);
  • Il en va de même de la montée/descente des escaliers qui est possible
    au plus tard dès le lendemain de l’intervention comme expliqué
    Chapitre ??, Page ??;

  • Vous n’aurez pas besoin de lit médicalisé à votre domicile; toutefois
    celui-ci peut vous être prescrit pour aménager un plein pied si vos
    chambres sont à l’étage;
  • Pour les prothèses du genou, vous aurez un pansement compressif du
    genou à conserver six jours sans l’enlever ni enlever le bas à varices;
    ce pansement va gêner pour la mobilité du genou en post opératoire,
    mais il faut le conserver à tout prix, sous peine d’avoir un saignement
    persistant par la plaie opératoire;
  • Il ne faut surtout pas mouiller vos pansements, et si c’était le cas, il
    faut faire intervenir l’infirmière en urgence pour le refaire : l’eau est
    vecteur d’infection;
  • L’abandon des béquilles est possible dès que vous aurez récupéré
    votre équilibre, en général quinze à trente jours après l’opération;
    très souvent je constate qu’elles sont conservées pour sortir, de crainte
    d’être bousculé;
  • Les bas à varices sont à conserver durant quatre semaines après
    l’opération car il sont une sécurité supplémentaire pour éviter une
    phlébite.
  • Une écharpe d’épaule n’est recommandée que pour les opérations de
    la coiffe des rotateurs, elle n’est donc pas systématique pour toute
    opération de l’épaule : ceci vous sera clairement expliqué avant et
    après votre intervention.

La conduite automobile

Que vous ayez été opéré de la hanche ou du genou, restez impérativement
à votre domicile sans en sortir durant les 7 à 10 premiers jours
post-opératoires; en effet, en dehors d’une urgence médicale réelle, les
déplacements intempestifs et superflus vont vous faire prendre le risque
d’une complication : chute, douleurs par effort excessif, mais surtout
augmente le risque de saignement et de constitution d’un hématome
profond.

Au de là du dixième jour, sachez que si on peut marcher, on peut conduire!
En effet la conduite automobile nécessite moins d’effort et de force dans les
jambes que la marche, donc aucun problème pour conduire la voiture. Pour
vous assoir, tournez vous dos au siège, asseyez vous et entrez les
deux jambes en même temps en tournant sur vos fesses; faites la
procédure inverse pour sortir de la voiture (voir illustration ?? page
??).

Le suivi post-opératoire

Votre intervention justifie donc une surveillance régulière au cours des
premières semaines post opératoires, l’étape principale étant la cicatrisation
cutanée. Je vous rappelle une fois encore de ne pas mouiller vos pansements,
et de ne surtout pas toucher la région de la cicatrice durant les soins de
l’infirmière à domicile : les bactéries (le staphyloccoque doré notemment)
sont sur vos doigts!

De même, n’utilisez le film transparent étanche que le temps de la
douche, et n’oubliez surtout pas de le retirer ensuite : il n’est pas
« respirant » et provoque une macération sous le pansement, favorisant
l’infection.

Lors de chaque consultation post-opératoire, j’apprécierai vos progrès,

dépisterai d’éventuelles complications, et vous recommanderai la
rééducation la plus adéquate. Une première consultation de contrôle avec
moi a lieu environ un mois après l’opération. Le rendez-vous vous sera
communiqué lors de votre sortie d’hospitalisation. En cas de complication
post opératoire, décelée par vous même, votre infirmière libérale, ou
médecin traitant, vous devrez me contacter pour que je vous voie plus tôt que
prévu.

L’évolution normale

De l’ultracrépidarianisme

L’ultracrépidarianisme, c’est le fait de s’exprimer en dehors de son domaine
de compétences, en donnant son avis sur un sujet pour lequel on n’a pas ou
trop peu de compétences légitimes ou avérées. Et je constate au quotidien
que beaucoup de gens parlent sans savoir en matière de médecine, y compris
de chirurgie prothétique!

Ne tombez pas dans le panneau!

Ce chapitre est très important, et a été amélioré depuis les précédentes
éditions. Lisez le, et relisez le après votre opération; ne cédez pas à la
panique en cas d’aléa, n’écoutez pas les avis et conseils de votre entourage
qui n’y connaît rien, et vous dira n’importe quoi.

Si ce chapitre ne suffit pas à vous rassurer en cas d’aléa post-opératoire,
contactez moi par email ( contact@ortho-info.com).

En effet, une évolution pourtant normale est parfois grevée de petits aléas
bénins encore trop souvent source d’inquiétude, et dont voici quelques
exemples :

Saignement sur PTG

PIC

Après la pose d’une PTG, la
poche articulaire autour du genou
se remplit de sang, et celui ci
peut fuser à travers le pansement
lors de la flexion du genou; cette
situation arrive dans moins de
10% des cas, le plus souvent
chez les hommes, il peut y avoir
une tache de sang qui macule
votre pansement compressif du
genou. Dans ce cas il n’est
pas nécéssaire de refaire le
pansement
, et généralement ce
saignement cesse au bout de trois
jours.

Les hématomes

Il est fréquent, voire quasi constant, de constater l’apparition d’hématomes
sous cutanés
, qui correspondent à une pigmentation des tissus par les
globules rouges diffus : ils sont dans la plus grande majorité des cas plus
impressionnants que graves comme sur une Prothèse du Genou sur la photo
15.1 page 167 (qui est un exemple exceptionnel), ou sur une Prothèse
d’Epaule sur la photo 15.2 page 169, et disparaissent naturellement sans
séquelle en trois semaines en changeant de couleur (du bleu au jaune
vert).

PIC

FIGURE 15.1 Cet hématome après la pose d’une PTG, bien que
très impressionnant, est totalement bénin, indolore, et se résorbe sans
séquelle en quelques semaines

PIC

FIGURE 15.2 Voici un exemple très fréquent d’hématôme
impressionnant et totalement bénin et indolore dans les suites d’une
Prothèse d’épaule : il va disparaître naturellement sans séquelle en trois
semaines en changeant de couleur (du bleu au jaune vert).

Paralysie transitoire

Elle se constate principalement après la PTG, très rarement après une PTH :
il peut y avoir une paralysie transitoire des muscles qui relèvent le pied :
c’est dû à l’anesthésie géante autour de l’articulation opérée qu’on appelle le
LIA1
que je vous aurai faite au bloc pour assurer l’indolence. Cette paralysie cesse
spontanément dans les 24 heures qui suivent l’opération.

Après une chirurgie de l’épaule, si vous avez bénéficié d’un bloc
analgésique antalgique réalisé par l’anesthésiste, votre bras restera paralysé
pendant 15 heures après l’opération, comme tout mort, c’est normal, pour
vous éviter les douleurs immédiates post-opératoires.

L’œdème

Un œdème, c’est à dire un gonflement du membre opéré par de la luymphe
entre les cellules, est constant après toute chirurgie de la hanche, du genou
ou de l’épaule, car il est concomitant d’un processus de cicatrisation avec
augmentation de la micro-circulation locale. Il sera minimisé par le
port de bas à varices pour le membre inférieur, ou la surélévation du
bras opéré pour l’épaule, mais peut réapparaître immédiatement à
leur abandon trente jours après l’opération. Ne vous inquiétez pas
ce « gonflement » est normal, plus ou moins accentué selon l’état de
votre circulation sanguine, et correspond à un processus naturel de
cicatrisation. Il peut persister jusqu’à quatre mois pour finir par disparaitre
totalement.

Les phlyctènes

PIC

Des
phlyctènes, ou ampoules,
sont très fréquentes au
niveau de la bande de
silicone des bas à varices;
elles correspondent à une
irritation par frottement et
non une allergie. Dans ce
cas, il faut conserver le port
des bas, mais retourner
la partie haute et traiter
les phlyctènes avec de
l’éosine (mercurochrome
banal) ou autre pommade
cicatrisante.

L’insensibilité cutanée

Une zone d’insensibilité sous la cicatrice est quasiment constante et
correspond à la section de petites branches nerveuses sous cutanées qu’il est
impossible de repérer et impossible de ne pas couper : cette gêne
de quelques cm2 s’atténue avec le temps, et on finit par ne plus y
penser.

Une prothèse qui claque

Pour les prothèses du genou, vous pouvez ressentir pratiquement dans
tous les cas un claquement dans le genou, qu’on appelle le clunk
prothétique et qui correspond au jeu naturel de votre prothèse : ce
n’est pas une complication, c’est indolore, et cela ne doit pas vous
empêcher de profiter pleinement de votre genou. Cette sensation est
beaucoup plus rare à la hanche, mais peut arriver exclusivement quand je
dois corriger une différence de longueur de membre inférieur par un
raccourcissement du côté opéré. Ce jeu dans la PTH disparait en 3
mois.

La fièvre

Une fièvre modérée, inférieure à 38,5°C est fréquente également en contexte
post opératoire, elle correspond le plus souvent à une réaction corporelle de
cicatrisation. Elle est source d’angoisse, mais le plus souvent n’a aucune
valeur en post opératoire. Elle ne veut pas dire que vous avez une infection!
En soi, elle ne veut rien dire; il est inutile de prendre votre température tous
les jours après l’intervention.

Une évolution en dent de scie

Une évolution en dent de scie est systématique, et cette notion est très mal
admise par le grand public; chaque jour qui passe n’est pas automatiquement
meilleur que le précédent; Il faut avoir une vision avec plus de recul en
comparant plutôt les semaines que les jours, ou la progression est plus
évidente. Le cas le plus fréquent est la réapparition de douleurs quelques
jours après l’opération, et qui n’étaient pas présentes immédiatement après :
c’est le plus souvent dû à une augmentation du niveau d’activité de la
journée, qui dépasse le processus naturel de cicatrisation : Dans ce cas, ne
paniquez pas, reposez vous; mais attention! continuez votre rééducation
malgré tout!

La particularité du deuxième côté

Ce qu’on appelle le deuxième côté, c’est par exemple se faire poser une
prothèse de hanche à gauche un an après avoir eu une prothèse de
hanche à droite. En règle générale, une opération du deuxième côté
n’est jamais vécue à l’identique du précédent : Ça ne veut pas dire
que ce sera mieux ou moins bien, mais le ressenti sera forcément
différent, et dans ce cas la moindre variation peut être à l’origine d’une
angoisse. Ne cherchez pas à comparer un côté opéré avec l’autre car :

  • vous ne vous souvenez plus de comment vous étiez au même moment
    post opératoire, pour le côté précédent;
  • le ressenti est une notion totalement subjective, qui dépend de votre
    équilibre psychique du moment;
  • vous comparez obligatoirement un côté ancien complètement
    cicatrisé à une opération récente : c’est comme vouloir comparer le
    niveau scolaire de deux enfants à un an d’écart!;

Et c’est ce dernier point qui explique le ressenti altéré : vous ne pouvez pas
comparer une prothèse qui est parfaitement rodée, avec une nouvelle
opération récente en cours de convalescence, mais votre cerveau ne peut
s’empêcher de les mettre sur un pied d’égalité.

La boiterie

La boiterie dans les suites immédiates est une source fréquente de
questionnement du patient opéré, d’autant plus qu’elle est visible par tout
son entourage, qui systématiquement lui fait remarquer, et très souvent
commente cette boiterie en y apportant une explication savante, tout en
étant incompétent dans ce domaine. La boiterie peut avoir diverses
causes, mais si vous êtes capable de marcher dix mètres sans boiter,
c’est que toute votre mécanique musculo-squelettique fonctionne, et
que cette boiterie correspond à une habitude que vous aviez avant
l’opération.

Contrairement à l’avis de tous les super-spécialistes qui vous entourent, il est
tout a fait habituel de boiter pendant un à trois mois après la pose d’une
prothèse de hanche ou de genou.

En dehors d’une complication grave (comme par exemple une fracture du
fémur), elle disparaît spontanément, alors n’y portez pas attention, et
n’écoutez pas les propos alarmistes des pseudos experts.

Complications

Les complications, bien que rares, voire exceptionnelles pour certaines,
doivent être évoquées, dans une logique de transparence, et parce que
le risque zéro en chirurgie n’existe pas, ici comme partout dans le
monde.

L’infection

L’infection constitue la complication réaliste la plus grave, mais
aussi la plus exceptionnelle : elle fait suite à la pénétration
d’une bactérie, le plus souvent naturellement présente sur votre
peau1 ,
pendant l’opération, ou durant la période de cicatrisation; L’infection est
favorisée par le tabagisme actif, l’obésité, le diabète, une mauvaise hygiène
corporelle, ou des comportements inadaptés comme par exemple toucher sa
cicatrice pendant les pansements. Le risque infectieux de contamination
bactérienne est donc prévenu par la recherche systématique de facteur de
risque pré-opératoire, la réalisation de l’intervention dans une salle dédiée à
la chirurgie orthopédique prothétique (salle iso 5 hyperaseptique), la
réalisation d’une antibioprophylaxie per-opératoire, et le recours à des
techniques de fermeture cutanée permettant une cicatrisation rapide (surjets
intradermiques autobloquants).

En cas de survenue d’une infection, je prendrai en charge personnellement
cette complication en collaboration avec le médecin infectiologue
référent de notre clinique; en cas de suspicion d’infection, entrez en

contact avec mon secrétariat car seul un chirurgien orthopédiste est à
même de gérer cette situation délicate. En aucun cas vous ne devez
prendre d’antibiotique
prescrits par quelque médecin que ce soit. En
aucun cas vous ne devez demander à votre médecin traitant de gérer la
situation;

En cas de doute sur une infection, je serai le seul à pouvoir gérer
la situation en collaboration avec un médecin hyper-spécialisé :
ne contactez pas votre médecin traitant, n’allez pas aux urgences,
prenez contact avec moi par tous les moyens. Ce n’est jamais
une urgence qui nécessite une précipitation déraisonnée.

PIC

Le staphylocoque est sur votre peau, dans vos cheveux et sous vos
ongles : suivez les consignes du Chapitre 1.5 Page 22.

Phlébite et Embolie Pulmonaire

Les complications thrombo-emboliques correspondent à un processus
d’emballement des fonctions de la coagulation de l’organisme qui doit faire
face à un saignement massif, cette situation peut arriver même pour la
chirurgie ambulatoire; La phlébite et son évolution potentielle vers
l’embolie pulmonaire sont prévenus par l’application scrupuleuse des
protocoles nationaux de traitement anticoagulant après l’opération; les
bas à varices à porter aux deux jambes, constituent également un
outil efficace contre la survenue d’une phlébite, c’est pourquoi j’y ai
systématiquement recours, et que vous devrez faire l’effort de les
supporter.

Les complications cicatricielles

Les complications cicatricielles correspondent à une mauvaise évolution
de la plaie opératoire qui tarde à cicatriser; elles doivent m’être
immédiatement signalées,
et peuvent nécessiter que je vous revoie plus tôt
en consultation; elles exposent au risque infectieux puisque toute plaie de
plus de six heures est contaminée par les germes de la peau. Il est inutile
de faire des prélèvements cutanés par votre infirmière même sur
avis de votre médecin traitant. Je suis le seul à pouvoir gérer cette
situation. N’attendez pas d’en arriver comme sur la photo 16.1 page
178 pour m’alerter par email en m’envoyant une photo de la plaie
opératoire.

PIC

FIGURE 16.1 Une très mauvaise évolution cicatricielle qui conduit
à une infection précoce de cette PTH : n’attendez pas ce stade dépassé
pour me prévenir d’une cicatrisation anormale

Hémorragie grave, blessure artérielle

Le risque hémorragique (saignement excessif), est assez fréquent avec
cette chirurgie; Pour le genou dans 15 à 20% des cas, il se produit un
saignement dans le pansement dont la fonction compressive n’est pas
assez efficace (mais ceci ne constitue pas une complication); ce risque
hémorragique sera prévenu par un dépistage préopératoire de l’anémie et un
éventuel traitement par erythropoïetine (EPO), la récupération sanguine
per-opératoire (Cell-Saver ®), et l’absence de recours aux drains de redon
(dont il est prouvé qu’ils ne permettent pas de prévenir du risque
d’hématome, mais majorent souvent le saignement). La survenue
d’un hématome (poche collectée de sang) peut parfois nécessiter
une réintervention au bloc opératoire pour être évacuée; en aucun
cas une ponction de votre genou prothétique ne doit être réalisée :
seul un chirurgien orthopédiste est apte à gérer l’évolution d’une
prothèse du genou. Beaucoup plus grave serait le risque d’hémorragie
massive pendant l’opération, suite à une plaie d’une grosse artère à la
hanche ou au fémur. Cette complication dramatique est possible mais
exceptionnelle, et je fais tout pour finir ma carrière sans jamais l’avoir
connue, en gardant cette complication à l’esprit durant chacune de mes
interventions.

Un genou ou une épaule raide…

La raideur articulaire est plus une évolution défavorable qu’une complication :
Elle est le risque principal d’une mauvaise auto-rééducation du genou ou de
l’épaule (elle ne peut pas survenir après une prothèse de hanche). Elle
s’installe très vite dans la semaine qui suit l’opération, si les exercices
primordiaux d’auto rééducation du genou ou de l’épaule ne sont pas
effectués aussi souvent et correctement que préconisé. Et c’est difficile à
entendre, mais vous êtes seul responsable en cas d’une raideur du genou ou
de l’épaule post opératoire, puisqu’en ce qui me concerne, les consignes
d’auto rééducation ont étés très largement expliquées, et que je m’implique
totalement et personnellement dans votre coaching et votre suivi après
l’intervention.

Blessure d’un nerf

Le risque de lésion nerveuse est exceptionnel, mais possible car des branches
nerveuses (nerf crural ou sciatique pour la hanche, nerf poplité pour le
genou, nerf axillaire pour l’épaule) passent très près du site opératoire et
peuvent être comprimés ou blessés durant l’intervention; la récupération
d’une lésion nerveuse peut ne pas être complète. D’autre part, pour la
chirurgie du genou, il arrive parfois qu’une paralysie transitoire de la jambe
s’observe durant douze heures après l’opération : elle est en rapport avec
l’anesthésie antalgique : elle récupère alors complètement dès le lendemain
matin sans aucune séquelle.

Fracture ou descellement précoce de prothèse

Le risque de fracture est également possible : nous intervenons souvent chez
des sujets âgés, ou l’ostéoporose rend l’os plus fragile, notamment chez les
femmes; Or, la prothèse (hanche, genou ou épaule) doit être plantée assez
solidement dans l’os pour pouvoir la faire tenir; il peut arriver qu’une
fracture survienne pendant l’opération, ou lors de la mise en charge, qui
provoquera une déplacement de la prothèse qui peut nécessiter une
réintervention.

Défaillance de l’implant

Une défaillance de l’implant qui correspondrait à une casse matérielle par
exemple est désormais quasi nul, avec le choix de recourir tant pour la
hanche que pour le genou, à des matériaux ayant fait la preuve de leur
très grande longévité. C’est d’ailleurs la raison essentielle de ma
préférence pour le polyethylène hautement réticulé (UHMWPE) par
rapport aux céramiques pour les prothèses de hanche, qui semblent plus
« high tech », mais risquent de casser comme du verre ce qui n’est pas
le cas du polyethylène. De même une tige fémorale monobloc est
plus solide qu’une tige à col modulaire composée de deux parties
emboitées.

L’inégalité de longueur de jambe

Une inégalité de longueur des deux membres inférieurs (ILMI) ne peut
survenir que dans les suites d’une PTH, et peut survenir malgré toutes les
précautions qui seront prises pour l’éviter, notamment grâce à la
planification CAO du positionnement de l’implant. Cette complication est ma

seconde hantise après l’infection, et j’y porte toute mon attention. En
deçà de ±5mm, la gêne est inexistante, et la différence ne se voit
même pas. Attention : la mesure sur la radiographie du bassin de face
que l’on voit souvent, n’a strictement aucun sens, et ne correspond
pas à une inégalité de longueur des membres inférieurs, mais à une
bascule du bassin. En cas de gêne liée à une ILMI, non améliorée
par le port d’une talonnette adaptée, une réintervention peut être
nécessaire.

La luxation de la prothèse d’épaule

Correspond au déboitement de la prothèse suite à un faux mouvement du
patient ou à une manipulation intempestive par une tierce personne qui est
interdite; par contre, la mobilisation de l’épaule opérée sera possible
immédiatement par le patient lui même, et la contraction musculaire du
deltoïde permettra de stabiliser la prothèse.

Le risque de rupture de coiffe itérative

Le risque de récidive de rupture d’une réparation de la coiffe est plus à
considérer comme un échec que comme une complication : il est
favorisé par un retard diagnostic avec une large rupture initiale, un
muscle sus-épineux atrophié, le tabagisme actif, et le non respect
du protocole de rééducation. Une rupture itérative n’aboutira pas
forcément à une récidive des douleurs, ni à une ré-intervention car
il est très difficile de réparer solidement une deuxième rupture de
coiffe.

Le « Popeye Sign »

Le « Popeye Sign » a déjà été évoqué; il correspond à lâchage précoce d’une
ténotomie du biceps avec ténodèse; il se traduit par une chute d’un moitié
du biceps vers le coude, avec une conséquence esthétique plus que
fonctionnelle, puisqu’au delà de six mois, les résultats fonctionnels
sont identiques après une ténotomie du biceps, qu’il soit réinséré ou
non.

Le risque de brûlures

Le risque de brûlures superficielles est exceptionnel, mais possible
en chirurgie arthroscopique de l’épaule ou l’utilisation du coblateur
hyperfréquence qui nous sert à retirer les tissus inflammatoires dans
l’épaule et qui fonctionne suivant le principe d’un miscroscopique four à
micro-ondes, échauffe la température du liquide arthroscopique qui en
coulant le long du bras peut provoquer des brûlures superficielles.

L’algodystrophie

Si l’algodystrophie peut apparaître spontanément sans aucun facteur
déclenchant, elle est le plus souvent secondaire à un traumatisme,
même très minime (petit choc, étirement du bras), ou faire suite à
une intervention chirurgicale; elle fait donc partie des complications
potentielles de la chirurgie, le plus souvent à l’épaule, très rarement au
genou, jamais à la hanche. Plusieurs dénominations correspondent en

réalité au même problème : algodystrophie de l’épaule, syndrôme
épaule-main, capsulite rétractile, ou capsulite, épaule gelée, ou encore
Syndrome Douloureux Régional Complexe de type 1 (SDRC). Cette
maladie, encore très méconnue se caractérise par une première phase de
douleurs très anormales, par leur localisation, leur rythme et intensité
(c’est la phase chaude), suivi d’un enraidissement articulaire (phase
froide). Elle se voit préférentiellement chez des patients de 30 à 50
ans, plutôt d’un profil anxio-dépressif, favorisée par les situations
corrompues, comme les agressions, accidents du travail, maladies
professionnelles, ou la recherche plus ou moins consciente d’un arrêt de
travail constitue un bénéfice secondaire. Dans cette situation, le patient
est le plus souvent diagnostiqué en phase froide avec une grande
raideur articulaire de l’épaule. Le diagnostic peut être confirmé par la
scintigraphie osseuse. Son évolution est très longue, et la récupération des
amplitudes articulaires de l’épaule qui s’est complètement bloquée ne sera
possible que par un travail personnel d’auto rééducation acharnée du
patient.

La mort de l’opéré

Si le risque vital existe, comme pour toute intervention chirurgicale, il est
bien entendu exceptionnel, et serait plutôt lié à une défaillance organique
sous jacente qui serait révélée à l’occasion de la chirurgie (comme par
exemple une grande défaillance cardiaque qui serait passée inaperçue à la
consultation cardiologique, ou chez les patients artéritiques par exemple), ou
encore en rapport avec une embolie pulmonaire massive, ces exemples
n’étant malheureusement pas exhaustifs.

La prothèse à long terme

Reprise du travail

La durée d’arrêt de travail après une prothèse totale de hanche ou du genou,
varie de quinze jours pour les patients très motivés et de profession, souvent
à leur compte, sédentaires, et/ou sans couverture salariale satisfaisante, à
quatre mois pour les travailleurs salariés exerçant un profession avec
position debout dominante et port de charge de plus de 25 Kg. Cette
durée maximum est établie par l’assurance maladie pour en limiter les
abus, et je l’approuve totalement. Chaque cas est particulier et bien
entendu un patient exerçant un métier très physique et proche de la
retraite peut faire valoir ses droits à une retraite anticipée : celle-ci est
décidée par le médecin conseil de la sécurité sociale, et sur demande de
l’intéressé.

Dans ma pratique personnelle, je constate que le plus souvent la reprise est
effective après un à quatre mois de convalescence selon la profession et le
type d’opération (hanche ou genou).

Les sports

La pratique du sport après une chirurgie prothétique de la hanche ou du
genou est une question récurrente, et essentielle pour bon nombre de nos
patients, tous désireux de garder une activité physique régulière, ou de
poursuivre leurs loisirs favoris;

Au delà de convictions personnelles dont je pourrai vous faire part, et loin
des discours « commercialement » optimistes de certains chirurgiens
prêts à tout pour ne surtout pas perdre un patient (les conseilleurs ne
sont pas les payeurs), je vous expose la liste des sports praticables

après une PTH ou PTG, selon les séries scientifiques publiées aux
USA, selon quatre centres d’études différents, ou déjà leurs avis
divergent!

Ces sports sont dissociés selon les impacts répétés qu’ils provoquent et le
risque d’accident potentiel, en quatre catégories :

Faible Impact :

marche, marche nordique, randonnée, vélo de route,
VTT cross-country, musculation, step, vélo d’appartement, elliptique,
stepper, chasse, tir, archerie, pétanque, natation, plongée sous marine,
pilates, yoga, gymnastique senior, golf, ski de fond.

Ces sports sont possibles sans réserve.

Impact Moyen :

ski descente, VTT, équitation, kayak, badmington, tennis en double.

Ces sports sont possibles selon chaque cas particulier, et en fonction
du niveau sportif préopératoire.

Hauts Impacts :

running, tennis simple, crossfit

Ces sports sont le plus souvent non recommandés dans les séries
publiées.

Sports non recommandés :

Sports de combat, rugby, football, volley ball, baskett

Ces sports sont régulièrement déconseillés, voire interdits dans toutes
les séries publiées.

L’activité sexuelle

Les conseils suivants sont valables pour les femmes et les hommes.

Durant la phase de cicatrisation, il n’est pas recommandé de reprendre une

activité sexuelle, qui risquerait d’arracher votre pansement et ferait prendre
le risque d’une infection sur votre cicatrice; de même qu’il n’est pas
recommandé de refaire du sport tant que la cicatrisation n’est pas
complète.

Pour la prothèse du genou

Une fois la cicatrisation obtenue, vous pourrez à nouveau avoir une activité
sexuelle sans aucune restriction de posture.

Pour la prothèse de hanche

Une fois la cicatrisation complète obtenue, c’est le risque de luxation qu’il
faut éviter, et qui ne concerne que les prothèses de hanche.

Donc une fois la cicatrisation obtenue, et avant le troisième mois post
opératoire, vous pourrez reprendre une activité sexuelle en évitant des
positions ou les hanches sont trop écartées, ou trop fléchies, pour éviter
justement ce risque de luxation. Les illustrations sur les figures 17.1 et 17.2
vous donneront une idée des positions à privilégier.

Au delà de trois mois post opératoire, vous pourrez à nouveau avoir une
activité sexuelle sans aucune restriction de posture, car il n’y a plus de risque
de luxation.


PIC
FIGURE 17.1 Privilégiez les positions sexuelles avec les jambes le
moins écartées possible, et les hanches le moins fléchies possible.
PIC
FIGURE 17.2 Evitez les positions avec les jambes écartées et les
hanches fléchies.

Contact

En cas de question après votre sortie de clinique, ou en cas de difficulté
notamment et surtout pour le travail d’auto rééducation du genou, je
suis personnellement joignable à tout moment, exclusivement par
email :

Avant de me contacter et de paniquer, relisez bien le chapitre 15 « évolution
normale » page 164, il y a certainement déjà la réponse à votre question.

Je répondrai à votre mail dans la journée, n’attendez pas une réponse
immédiate. Je pourrais être amené à vous rappeler : restez joignable,
répondez à tous les appels y compris masqués.

Ne faites intervenir personne d’autre que moi pour la gestion des suites : les
comportements aberrants de patients consultant aux urgences ou leur
médecin traitant pour des problèmes non urgents relatifs à leur intervention
amène toujours à une situation fortement dégradée.

En cas de question d’ordre administratif, contactez mon secrétariat aux
heures de bureau, vous aurez ne réponse sous 48 heures en dehors des week
end et congés :

04 90 51 31 46

En cas d’urgence absolue (étouffement, problème cardiaque, perte de
connaissance, chute grave et impossibilité de vous relever), contacter
le

15 : LE SAMU

RDV