arthrose du genou

“La gonarthrose”, ou arthrose du genou

L’usure du cartilage du genou est appelée gonarthrose ou arthrose du genou.
Avec la destruction du cartilage, les os se trouvent directement en contact, et le glissement devient difficile et douloureux: c’est le pincement de l’interligne articulaire, bien visible sur de simples radios des genoux de face..
Avec le temps, l’os s’use également. Des petites pointes en forme de bec (ostéophytes) apparaissent également avec l’inflammation et sont également la cause de douleurs.

douleurs du genougonarthrosegonarthrose

Le genou est donc de plus en plus douloureux, il s’enraidit (la flexion est de moins en moins importante, et l’extension complète devient impossible: c’est le flexum fixé). Avec l’usure du cartilage et de l’os, les ligaments sont de moins en moins tendus, et le genou devient instable. La force diminue également.

Les causes de l’arthrose

La première cause est génétique

Normalement, e cartilage est constamment renouvelé : des cellules fabriquent le cartilage (les chondroblastes) et d’autres cellules “mangent” le cartilage (les chondrocytes). L’activité permanente de ces deux groupes de cellules permettent de renouveler en permanence le cartilage et de maintenir son épaisseur. Mais avec l’âge, nombre de chondroblastes diminue, et le cartilage est de moins en moins bien renouvelé, son épaisseur diminue. Ceci est génétiquement programmé, et plus ou moins rapide d’une personne à l’autre.

Des facteurs anatomiques (genu valgum et genu varum)

Quand les jambes sont arquées comme Lucky Luke (genou en O ou genu varum), la partie interne du genou supporte plus le poids du corps et s’use plus vite. Chez des personnes dont le tibia part en dehors (jambe en X ou genu valgum), c’est la partie externe du genou qui s’usera plus vite.
Dans quelques cas, l’arthrose est plus importante entre la rotule et le fémur (arthrose fémoropatellaire).

D’autres causes

Excès de poids, les traumatismes qui laissent des séquelles cartilagineuses, certaines maladies inflammatoires (polyarthrite…).

Conséquences

Les douleurs augmentent progressivement (elles sont le plus souvent localisées du côté interne, parfois antérieur ou externe : elles sont maximales à l’endroit où le cartilage est le plus usé).
Le genou s’enraidit : la flexion est de moins en moins importante, et l’extension complète devient impossible. Rester debout devient de plus en plus difficile et fatiguant parce que l’articulation ne se verrouille plus (en raison de la baisse de force, et de la laxité en cas d’usure importante), les muscles qui font bouger le genou s’affaiblissent.
Quand la marche devient anormale, les autres articulations sont également perturbées (l’autre genou, la hanche, la colonne vertébrale).
Ceci peut devenir très problématique chez les personnes très âgées qui peuvent perdre ainsi leur autonomie.
Les douleurs qui sont d’abord présentes en cas de marche forcée, deviennent présentes à chaque pas. Le périmètre de marche diminue.
Les douleurs deviennent très importantes quand on se relève ou lors des changements de position la nuit.

Quel examen faut-il passer pour faire le diagnostic ?

La plupart du temps, une radiographie simple suffit. On demande une radiographie de face en schuss (genou légèrement fléchi pour augmenter les contraintes), et une radiographie des rotules, ceci permet de localiser l’endroit où l’arthrose est la plus importante.
En répétant les radiographies tous les ans, on peut évaluer l’aggravation plus ou moins rapide de la maladie.
Une IRM n’est pas indispensable, et nous posons nos indications d’ostéotomies, prothèses uni-compartimentales ou totales sur de simples radiographies.

III. LES DIFFÉRENTS TRAITEMENTS DE LA GONARTHROSE

A. LES TRAITEMENTS MÉDICAUX

La perte de poids

Ceci est très efficace. Une baisse de 5 ou 10 kg permet souvent de beaucoup diminuer les douleurs.

L’adaptation du chaussage

Mettre des chaussures à semelles épaisses et souples (basket à coussin d’air, …) pour amortir le choc et les contraintes sur le cartilage.
Placer une semelle orthopédique de valgisation pour décharger le compartiment fémoro-tibial interne par exemple.

L’adaptation de l’activité physique

Préférer le vélo et la natation à la marche. Il faut continuer à bouger car le cyclage articulaire permet de stimuler la sécrétion du liquide synovial, et entretient la souplesse des ligaments péri-articulaires.

La kinésithérapie

Elle peut être utile pour garder les amplitudes articulaires et diminuer la douleur avec la physiothérapie.

Les médicaments per os

Les antalgiques simples (PARACÉTAMOL, TRAMADOL, CODÉINE, …).
Les anti-inflammatoires (surtout efficaces en cas de poussée douloureuse).
Les médicaments chondroprotecteurs (CHONDROSULF, ART 50, PIASCLEDINE). Ils sont censés ralentir l’évolution de l’arthrose.
Ces médicaments ont prouvé leur efficacité en expérimentation. Mais leur efficacité sur l’humain n’est pas vraiment prouvée. Ils sont également pas toujours bien tolérés.
En cas d’arthrose débutante, ils peuvent éventuellement être prescrits.
Les extraits d’aile de requin, les extraits de corne de rhinocéros et de bite d’ours. L’efficacité est surtout importante pour faire maigrir le porte-monnaie.
Attention : tous les médicaments peuvent avoir des effets secondaires et des contre-indications.

Les infiltrations

Les anti-inflammatoires (ALTIM, DIPROSTENE, HYDROCORTISONE) : ils sont utiles en cas de poussée arthrosique mais la durée d’efficacité est courte. Le geste comporte essentiellement un geste de contamination septique, exceptionnel.

La Visco-Induction : les infiltrations d’acide hyaluronique

Comment cela fonctionne ?
L’acide hyaluronique est un composant du liquide synovial, et permet le bon glissement des surfaces articulaires et l’amélioration des douleurs. l’injection d’acide hyaluronique dans le genou, stimule la sécrétion naturelle de liquide synovial: c’est la visco-induction.
Si le patient ne possède plus de cellules fabriquant l’acide hyaluronique, l’infiltration est inefficace.
Statistiquement, l’efficacité est très bonne dans environ 30 % des cas. Elle peut durer jusqu’à deux ans. Après, les injections peuvent être renouvelées.
Le protocole habituel est de trois injections à une semaine d’intervalle entre les injections.
Ce type de traitement est très bien toléré, n’a pas de contre-indication, et a exceptionnellement des complications (arthrite septique : 1/70 000).
Ceci reste pour nous le meilleur traitement actuel non chirurgical, et l’un des moins agressifs.
Malheureusement, il n’est pas toujours efficace.

En cours d’évaluation

Les injections intra-articulaires de cellules souche (qu’on stimule pour se transformer en chondroblastes).

En conclusion

Aucun traitement médical n’existe encore pour faire refabriquer le cartilage.

B. LES TRAITEMENTS CHIRURGICAUX

Les ostéotomies

Quand il reste encore du cartilage, un traitement conservateur est possible.
Le chirurgien peut modifier l’orientation de l’articulation pour diminuer la pression sur les endroits abîmés et douloureux tout en faisant plus travailler les parties intactes.
On peut ainsi corriger un genu varum ou un genu valgum en enlevant un coin externe ou un coin interne (l’intervention se fait en dehors de l’articulation, et ne touche pas le cartilage qui reste usé).
Cette intervention est surtout faite chez les sujets jeunes. Elle peut stopper ou ralentir l’évolution de l’arthrose.

La prothèse de genou

Quand l’articulation est trop abîmée, il faut enlever les zones de cartilage usé et les remplacer par un matériel artificiel : la prothèse.
Le reste du genou est préservé au maximum (muscle, tendon, ligaments, enveloppe synoviale).
Plusieurs types de prothèse existent : prothèse unicompartimentale (demi-prothèse), prothèses totales, prothèses rotuliennes.
La qualité du résultat de l’opération dépend surtout de l’état des muscles, tendons et ligaments qui entourent l’articulation.

Quand faut-il opérer ?

L’opération s’envisage quand les traitements médicaux deviennent inefficaces. Mais ce stade est différent d’un patient à l’autre. Le degré d’usure n’est pas un critère selon nous. Chaque patient étant différent, tout dépend de la douleur, de l’âge, du mode de vie et des souhaits.