La compression du nerf cubital au coude
Il s’agit d’une pathologie plus rare que le canal carpien, et qui touche plutôt l’homme que la femme.
Contrairement au canal carpien qui donne des symptômes précoces alarmants que tout le monde connaît (fourmis dans la main la nuit), la compression du nerf cubital au coude est plus insidieuse car indolore.
Elle se traduit par un endormissement très progressif et insidieux des 4ème et 5ème doigts de la main, et à une perte de force par fonte musculaire de petits muscles de la main (appelés les « interosseux »).
Il s’agit d’une compression à composante dynamique, puisqu’en flexion de coude, le nerf cubital est étiré.
Pour beaucoup de chirurgiens de la main, le traitement est toujours chirurgical dès que le diagnostic est évoqué: il consiste à dérouter le nerf de sa trajectoire anatomique en le faisant passer devant le coude : on parle d’une « transposition du nerf cubital au coude ».
Le geste est dans la plus grande majorité des cas réalisé en ambulatoire, et très souvent le patient sort de clinique avec un drainage de type « manovac », enlevé le surlendemain par une infirmière libérale.
Le délais de cicatrisation cutanée est de 15 à 20 jours, ce qui correspond à la période d’arrêt de travail habituelle.
Il n’y a le plus souvent pas besoin de rééducation.
cependant, la récupération des troubles sensitifs peut demander plusieurs mois, de même que les déficits moteurs peuvent rester séquellaires – ce qui explique qu’il ne faut pas attendre pour se faire opérer !
Les complications
Les complications spécifiques de la chirurgie du nerf cubital au coude sont:
– l’hématome: en effet cette région opératoire est très richement vascularisée, et il peut y avoir un saignement post opératoire, à l’origine d’un hématome plus ou moins compressif qui peut nécéssiter une ré intervention.
– le risque de lésion nerveuse iatrogène est théorique mais doit être évoqué; il ne s’agit cependant pas d’une chirurgie difficile, et le chirurgien prendra toutes les précautions pour manipuler le nef avec douceur…
– le risque infectieux existe comme pour toute chirurgie. Il est rare, et sans gravité, car il n’y a pas de geste osseux ni de pose de matériel inerte
– l’algodystrophie, désormais appelée « syndrome régional douloureux complexe de type II », est possible comme pour toute chirurgie des membres. Son explication est complexe, plus fréquente sur un terrain anxio-dépressif ou en contexte chirurgical péjoratif (implication socio-professionnelle notamment, type « maladie professionnelle » ou « accident du travail »).
Les complications générales de la chirurgie sont exhaustivement détaillées au chapitre complications.
Références Bibliographiques & Liens Externes
M Popa, Th Dubert Treatment of cubital tunnel syndrome by frontal partial medial epiconcylectomy. A retrospective series of 55 cases. J Hand Surg [Br]. 2004 Dec;29(6):563-7.
M Popa, N Osman, Th Dubert, A Dinh, Ph Valenti Transposition antérieure du nerf ulnaire dans le traitement des formes sensitivo-motrices de compression au coude. Poster présenté au GEM Paris , 12-14 décembre 2002
M Popa, Th Dubert Epitrochléectomie partielle frontale dans le traitement des compressions du nerf ulnaire au coude. Etude rétroscpective de 55 cas. Communication présentée au GEM 2002